Enseigner ou exiger ?

Il n’y a pas si longtemps, il n’y avait, semble-t-il, qu’une seule façon de faire obéir un chien; il suffisait d’être «ferme», «autoritaire» et d’utiliser des outils punitifs comme le collier étrangleur (choker), ou même un journal roulé pour frapper le chien.

L’utilisation de la punition à outrance ou de la force physique en éducation, hormis le fait qu’il s’agisse d’abus de pouvoir, correspond à une approche coercitive: autrement dit, c’est utiliser la contrainte pour parvenir à ses fins. Un animal ainsi « dressé » ne tardera pas à manifester les séquelles qui vont de pair avec ces méthodes: il pourra souffrir de nervosité, de peurs; devenir désobéissant, même agressif. Heureusement, nous nous sommes rendu compte que ces techniques avaient des effets souvent négatifs qui pouvaient même être néfastes à long terme et les méthodes d’éducation des chiens ont évoluées.

Alors, qu’est-ce qui s’offre à nous maintenant, qu’avons-nous donc compris?

Il est si facile et même valorisant d’enseigner quelques trucs à son chien pour le simple plaisir. Je dis bien «enseigner». Je ne parle pas «d’exiger». Voilà une distinction que nous devons saisir à tous prix si nous voulons établir une meilleure relation avec notre « plus fidèle ami ».

Éduquer un chien, ce n’est pas tenter de contrôler la volonté rebelle d’un animal sauvage! C’est simplement veiller à améliorer son comportement en société… Ainsi, au lieu de toujours chercher à contraindre l’animal dans ses élans, comme le veut toute coercition, mieux vaut tirer parti de ses aptitudes et les canaliser pour le bénéfice du chien, du propriétaire et de leur entourage.

Des techniques appropriées nous aideront donc à éduquer notre chien afin qu’il devienne un bon compagnon : autonome sans être désobéissant; ni dépendant, ni indépendant, etc. Des méthodes faisant appel aux renforcements contribuent à prévenir les problèmes de comportement. La technique du clicker en est un bon exemple. Jumelée à cela, notre attitude est primordiale pour l’établissement d’une relation satisfaisante. Le chien est un animal hyper sensoriel qui capte facilement nos émotions, même les plus subtiles. Nos impatiences fréquentes, notre nervosité ou même un amour mal canalisé comme surprotéger notre chien donneront naissance à toute une panoplie de problèmes.

À l’opposé, une attitude positive, empreinte de compréhension, de cohérence et de clarté, donneront à coup sûr de bons résultats: un chien sain et équilibré qui aime collaborer. Il se développera ainsi entre l’animal et l’humain un lien d’une qualité exemplaire, bénéfique et enrichissant pour les deux partenaires.

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Que faire avec un chien qui aboie ?

La grenouille coasse, la belette belotte, la chèvre béguète, bêle ou chevrotte, la cigale chante, craquète, ou stridule, le chat feule, miaule ou ronronne.

Le chiot glapit, jappe. Le loup grogne, hurle.

Le chien ? Il aboie, babille, braille, clabaude, clattit, grogne, gronde, hurle, jappe, nasille ou nasillonne !

Et en langage populaire, on ajoute qu’il chiâle, pleurniche, cile, couine, crie…

Le chien serait un des animaux qui produit le plus de sons différents. Pas étonnant qu’on l’entende s’exprimer autant. D’autre part, on dit que le chien sauvage, lui, n’aboie pas :

« Aboiement ou aboîment : chacal, chien : n’existe pas chez les chiens sauvages » (Wikipedia…)

Mais pourquoi le chien domestique s’exprime-t-il différemment de son cousin sauvage… Est-ce justement parce qu’il est « domestiqué », c’est-à-dire adapté à une forme de vie « non-sauvage? »

Nous savons que plusieurs races ont été sélectionnées justement pour cette capacité à communiquer vocalement. Ne pensons qu’aux chiens reproduits pour la garde, par exemple. Ils sont voulus aboyeurs. Certains chiens de chasse doivent alerter à distance. Il arrive aussi que des chiens de berger contrôlent des troupeaux à l’aide d’aboiements. Vous rendez-vous compte de la quantité de races de chiens qui proviennent de ces seuls trois groupes : chiens de garde (ou de travail), de chasse et de berger… Ça fait beaucoup d’aboyeurs…

Alors. Le chien aboie. Parfois beaucoup. Sans raison, diront certains propriétaires… Et ce comportement intempestif peut les mener à vouloir se défaire de leur chien. Plusieurs bêtes se retrouvent à l’abandon dans les refuges et fourrières suite à leurs aboiements incessants que le propriétaire n’arrivait pas à corriger.

Voyons voir s’il n’est pas possible de mieux comprendre ces aboiements.

Le chien domestique, familier, « peut aboyer pour jouer, saluer, avertir, établir un contact ou obtenir de l’attention »[1]. Nous avons vu plus haut qu’il peut aussi grogner, gronder, hurler et exprimer une grande quantité de sons. Je m’attarderai plutôt ici aux aboiements comme tel. Donc, cinq catégories d’aboiements. Essayez de trouver dans quelle catégorie se situent les aboiements de votre chien. Vous verrez qu’il n’aboie pas sans raison.

Comment se fait-il qu’un chien aboyeur devienne une nuisance?

Se pourrait-il que nous ayons laissé faire le chiot parce qu’à ce moment ce n’était pas vraiment dérangeant ? Se pourrait-il que certains de ces aboiements aient été renforcés par mégarde, soit par le propriétaire lui-même ou par une conséquence qu’ils entraînaient ? Par exemple, les sonnettes de porte qui déclenchent les aboiements du chien sont toujours suivies par de la visite… Ou le chien aboyait pour ne pas qu’elle entre (avertissement) ou il le faisait parce qu’il était content (salutation). Dans les deux cas, il y aura un renforcement occasionnel; parfois l’intrus n’entre pas (si personne ne lui ouvre), parfois, il entre. Nous savons qu’un comportement n’a pas besoin d’être renforcé systématiquement chaque fois qu’il se manifeste pour qu’il se répète. C’est là, d’ailleurs, un aspect de la puissance des renforcements. Et un comportement appris de la sorte peut s’intensifier très rapidement. Les changements dans l’environnement immédiat peuvent aussi provoquer des aboiements; un nouveau chien dans le voisinage, des rénovations à la maison, etc. Tout autant que les changements complets d’environnement; déménager dans un lieu plus bruyant ou plus insécurisant, etc.

Il arrive aussi que les aboiements apparaissent en même temps que certaines peurs; le chien commence alors à aboyer afin de maintenir à distance l’objet de sa peur (avertir).

Si nous arrivons à bien comprendre les aboiements et les raisons qui poussent notre chien à aboyer, nous devrions être en mesure de pouvoir agir… La formule classique de conditionnement (Stimulus – Réponse comportementale – Conséquence) contient à elle seule tous les outils nécessaires à notre travail. C’est simple. Pouvez-vous agir au niveau du stimulus, celui qui provoque les aboiements, ou si vous pouvez le faire au niveau des conséquences, ceux qui les renforcent ? Là est la question. Là est la solution. On peut aussi agir sur les deux. Un exemple facile : si je fais disparaître le stimulus, la question est réglée ! Pas de sonnettes, pas d’aboiements. Si je fais disparaître la conséquence renforçante, je fais disparaître aussi le comportement, c’est la loi de l’extinction. La sonnette stimule l’aboiement, mais l’aboiement n’entraîne aucune conséquence; personne n’arrive plus jamais. Rien ne sert d’aboyer à cause d’une sonnette qui n’amène plus personne ! Ce sont là des exemples afin de voir où il nous est possible d’agir.

D’abord déterminer la catégorie. Ensuite les déclencheurs et les conséquences. Finalement opter pour l’intervention appropriée. Tout ça avec calme et pédagogie. Il ne sert à rien de crier NON !

Maintenant, il se peut que le chien tente de remplacer cette activité par une autre… Il faut savoir que dès que nous tentons de diminuer un type d’activité, nous devrions en augmenter un autre… Mais ça, c’est une autre histoire.

[1] Soraya V. Juarbe-Díaz, Assessment And Treatment Of Excessive Barking In The Domestic Dog. Progress In Companion Animal Behavior, Vetarinary Clinics, 27 :3, 1997.

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Un juge recommande la socialisation…

Remplacez le mot enfant, dans cet extrait d’article, par le mot chien.
Intéressant, non ?
Agence QMI (sur TVA Nouvelles)

Un juge du Québec a récemment ordonné à une famille d’envoyer leurs deux plus jeunes enfants dans un centre de la petite enfance pour les socialiser.

Le père et la mère s’occupaient eux-mêmes de leurs quatre enfants âgés de trois, cinq, sept et neuf ans et ils faisaient l’école à la maison aux deux plus vieux enfants.

Un premier jugement rendu en 2010 a forcé les parents à envoyer leurs enfants de sept et neuf ans dans une école publique.

La décision judiciaire obligeant les parents à envoyer les plus jeunes enfants dans un centre la petite enfance a été rendue en mars 2011 et elle est actuellement contestée devant la Cour d’appel du Québec.

Tout en indiquant qu’elle était préoccupée par les retards d’apprentissage chez un des enfants qui a des problèmes d’audition, la juge Nicole Bernier a indiqué dans son jugement que les enfants avaient besoin de «socialisation» en dehors de la famille.

Au sujet des parents, la juge déclare ceci : «Ils se sont isolés avec leurs enfants avec une conception très limitée de ce qui constitue l’éducation d’un enfant, voulant les protéger d’un environnement extérieur qu’ils perçoivent comme mauvais. Ils ont privé leurs enfants d’une bonne éducation.»

;-)

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Pourquoi les Pit Bulls ?

Une réflexion de Jean Lessard à propos du Règlement (de Montréal) sur le contrôle des chiens et autres animaux (R.R.V.M. c. C-10) et de la NOUVELLE RÉGLEMENTATION POUR LES PROPRIÉTAIRES DE CHIENS POTENTIELLEMENT DANGEREUX (de Montréal) datée de Avril 2011.

Les chiens dangereux existent vraiment, cependant, ils ne sont pas représentés par une seule et unique race. N’importe quel chien peut mordre, sans exception. Le problème des attaques de chiens envers un humain est un problème réel et sérieux, toutefois, mettre à l’index une race de chiens n’empêchera jamais les morsures de chiens.

N’importe quel chien a le potentiel de mordre. Un récent sondage réalisé par Léger marketing pour le compte de l’Association des médecins vétérinaires du Québec a révélé qu’au cours de la dernière année au Québec, il y aurait eu environ 164 000 cas de morsures et qu’en moyenne, près de 450 morsures ont lieu chaque jour au Québec, produites par toutes sortes de chiens: des chiens à maman, des bons vieux chiens de famille, des chiens rois, des chiens de luxe, des chiens de ville, des chiens de campagne, etc.

Selon une étude récente du Système canadien hospitalier d’information et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT), réalisée auprès de 385 victimes ayant consulté dans un hôpital au Canada, le chien agresseur est connu de la victime dans 71,2 % des cas et il habite avec elle dans 25,7 % des cas.

Des chercheurs américains concluent que les Berger allemand et les Chow Chow présenteraient le plus de risques d’infliger des morsures nécessitant une consultation médicale. Selon l’étude du SCHIRPT, des 50 races de chiens ayant déjà mordu quelqu’un, les races plus fréquemment mises en cause sont le Berger allemand (40 fois sur 278 cas), suivie de l’épagneul Cocker (16 fois), du Rottweiller (16 fois) et du Golden Retriever (15 fois).

Les études sur les races de chien « à risque » sont difficiles à mener car les conclusions peuvent être faussées par la popularité de certaines races dans chaque région. De plus, il est difficile de distinguer dans les comportements d’un animal les caractéristiques liées à la race, aux comportements du propriétaire, aux méthodes d’élevage et d’éducation ou à l’environnement.

Pour prévenir les morsures, chaque propriétaire de chien du Québec doit se sentir responsable et prendre des actions précises. Voici ce qui est préconisé par l’Association des médecins vétérinaires du Québec

  • Tout propriétaire de chien devrait bien socialiser son chiot entre le 2e et le 4e mois de sa vie et détecter les situations qui pourraient créer de l’anxiété chez celui-ci.
  • Tout propriétaire devrait aussi suivre des cours d’éducation canine orientés sur le renforcement positif et non pas sur la punition.
  • Tous les chiens devraient être stérilisés afin de ne pas reproduire d’animaux agressifs de même que pour diminuer la réactivité des mâles en présence de femelles en chaleur ou lors des chaleurs chez les femelles.
  • Tout propriétaire ne devrait jamais banaliser ou ne pas prendre au sérieux toute démonstration, même mineure, d’agressivité de la part de son chien (jappement, grognement, tentative de morsure, manifestations d’impatience), peu importe l’âge du chien. Il importe de consulter rapidement un comportementaliste reconnu de par son expérience et par ses pairs si tel était le cas.

Le véritable problème n’est pas constitué par une race de chien mais par un manque de responsabilisation des propriétaires de chiens en général. La mise à l’index d’une race spécifique n’engendre aucun effet bénéfique puisque la minorité de propriétaires qui cherche à acquérir un chien pour son potentiel agressif ou à le dresser pour l’attaque jettera son dévolu sur d’autres races.

Aussi parce que ce ne sont pas les Pit Bulls qui sont les mordeurs les plus fréquents, tel qu’indiqué dans l’étude du SCHIRPT.

La plupart des statistiques réalisées ne permettent pas de conclure à une propension à l’attaque plus importante chez les chiens de type Pit Bull. Il semblerait même que les chiens croisés, le Berger Allemand et le Teckel soient les chiens qui provoquent le plus de morsures. Quant au Pit Bull, celui-ci aurait plutôt tendance à s’attaquer davantage aux autres chiens qu’à l’homme.

Il faut aussi dénoncer l’existence d’élevages irresponsables et de mauvais traitements envers les animaux qui contribuent à augmenter la population canine ainsi que la production d’animaux au comportement déficient qui peuvent présenter un risque pour la population. Il faut trouver des solutions visant à éliminer ces élevages non contrôlés d’animaux.

D’après Christian Brotcorne, les études menées en Europe auraient listé des races très différentes. La tête de liste serait constituée par le Berger Allemand, le Rottweiler, le Doberman, le Cocker, le Jack Russel, le Labrador et les bâtards. Aussi, il propose une législation individuelle qui s’attache à l’éducation du chien et de son maître plutôt qu’une législation spécifique de races qui s’est avérée inefficace dans les pays où elle est appliquée.

Les juridictions locales de Californie n’ont pas promulgué de mesures spécifiques de races jusqu’au milieu des années 1980. En effet, en 1985 le comté de Contra Costa fut confronté à une pétition des habitants inquiets pour leurs enfants suite à deux incidents où des Pit Bulls ont tué d’autres animaux. Suite à cette requête, le service animalier et une commission spéciale durent enquêter sur la possibilité de créer une loi interdisant les Pit Bulls. Les principaux intéressés commencèrent à énoncer deux conditions à la mise en place d’une telle mesure. D’abord, il fallait trouver un moyen de définir les chiens appelés Pit Bulls dans la mesure où il s’agit seulement d’un type de chien et non d’une race. Ensuite, il fallait disposer de statistiques de morsures prouvant soit que ces chiens attaquent de façon plus fréquente que les autres, soit que les blessures qu’ils infligent sont plus graves.

Le rapport qui fit suite à cette enquête indiquait qu’il n’était pas possible de décrire l’apparence physique de ce type de chiens car les traits qui les caractérisent sont portés par de nombreux autres chiens. De plus, le rapport révèle que les statistiques disponibles ne prouvent ni que ce type de chiens attaque plus qu’une race quelconque, ni que les blessures infligées ont un caractère de gravité supérieur. Enfin, le rapport précise que ce type de chien est populaire et que toute race composée d’un grand nombre d’individus a davantage d’occasions de causer des blessures. En conclusion le service animalier et la commission spéciale proposèrent de tenter de prévenir les morsures canines en s’intéressant aux chiens dangereux quelle qu’en soit la race plutôt que d’essayer de réguler une race ou un groupe de races.

À Vancouver, la mesure considérant tous les Pit Bulls comme étant automatiquement dangereux a été abandonnée au profit de mesures non spécifiques en 2005. La municipalité met aussi en place une aide pour trouver le chien convenant à la situation de chaque futur propriétaire. Il est aussi vivement conseillé aux propriétaires d’éduquer leur animal convenablement et de suivre des cours basés sur des approches non-punitives. De plus, il est stipulé dans l’arrêté que les propriétaires doivent fournir à leur chien les conditions nécessaires à leur bonne santé.

À Coquitlam, les mesures spécifiques de races qui considéraient les Pit Bulls et les Bulls Terriers comme des chiens «méchants» (sic) ont aussi été délaissées pour des mesures non spécifiques de la race.

A Surrey, en Mai 2000, un arrêté a précisé que tout chien ayant poursuivi, mordu, attaqué ou blessé une personne sans avoir été provoqué est considéré comme dangereux.

A Nanaimo et Maple Ridge, les arrêtés concernant les chiens «méchants» ne sont pas spécifiques de la race.

Calgary a aussi choisi un modèle plus général ne tenant pas compte de la race. L’arrêté de la ville de Calgary vise à la responsabilisation des propriétaires d’animaux domestiques.

Cambridge, Ingersoll, Mariposa et Mississauga, en Ontario ont opté pour des mesures non spécifiques de races.

Au Nouveau Brunswick, il n’existe pas d’interdictions spécifiques de races.

Les Néerlandais interdisaient le type Pit Bull Terrier depuis 1993 mais en 2008, les pays Bas font marche arrière puisque les expertises révèlent que depuis 1993 aucune diminution des accidents impliquant ces chiens n’a été observée.

La Suisse n’a pas prescrit de législation spécifique. Le gouvernement se prononce plutôt en faveur d’une responsabilisation des maîtres précisant que c’est au détenteur de prendre les mesures préventives. Quant à l’élevage et à la sélection des chiens, il doit tendre vers la naissance de chiens peu agressifs.

Finalement, petit à petit, ce sont les législations non spécifiques de races qui commencent à se mettre en place à divers endroits. L’arrêté de la ville de Calgary pour la responsabilisation des propriétaires des animaux domestiques semble d’ailleurs faire ses preuves.

Sur le port de la muselière

Quand quelqu’un voit un chien porteur d’une muselière, il peut se dire : «voici un animal dangereux» et garder ses distances ; ou bien il peut se dire : «voici un animal sécurisé et un propriétaire soucieux de la sécurité publique» et être d’un a priori favorable. S’il garde ses distances, il ne pénètre pas dans la distance de sécurité du chien qui n’a, dès lors, aucune raison de se méfier de lui. Dans les deux cas, l’interaction avec un humain inconnu est favorisée.

Par contre, avec un chien, il peut ne pas en être de même. Le chien porteur d’une muselière ne peut pas se défendre par morsure face à un chien agressif de même gabarit; il ne peut utiliser que la fuite ou la soumission. C’est évidemment intéressant si le chien muselé est lui-même agressif envers les chiens; ce qui lui permet d’apprendre spontanément de nouvelles stratégies ou de subir des conséquences négatives de ses attaques en se faisant mordre. Cependant beaucoup de propriétaires n’aiment pas que leur chien, même agressif, se fasse mordre. D’autres ne veulent pas qu’on considère leur chien agressif comme… agressif. C’est un facteur limitant pour l’usage de la muselière. Dans tous les cas, il est important de ne pas croire que le port de la muselière a un effet thérapeutique; ce n’est que de l’ordre de la prévention et n’a aucun effet sur le comportement.

Il faudrait préférer l’utilisation des muselières de type panier, qui couvrent la gueule du chien et le laissent respirer librement plutôt que les muselières qui ne font qu’enserrer le museau.

Le port de la muselière panier doit aussi s’apprendre. Il sera important d’enseigner au propriétaire comment éviter de rendre la muselière repoussante pour le chien suivant la technique d’habituation jumelée à l’instauration d’associations positives.

 

Références:

Article de Annie Ross, Docteur en médecine vétérinaire, diffusé sur le Réseau Canöe

Étude du SCHIRPT: http://www.phac-aspc.gc.ca/injury-bles/chirpp/injrep-rapbles/dogbit-fra.php

Michel, Marion (2009) Les chiens dangereux : de l’aspect scientifique à la réponse législative, Thèse

Dehasse, Joël. Changer facilement le comportement animal. I’M éditions, Bruxelles.

POSITION DE L’AMVQ SUR LE CONTRÔLE DES ANIMAUX DOMESTIQUES: http://www.amvq.qc.ca/f?p=105:99:0::NO::P99_IM:203

LES CHIENS EN VILLE : UN SUJET MORDANT… Par France Paradis, médecin Centre de santé publique du Québec

 

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J’ai trouvé ça triste

Aujourd’hui, pour aller rencontrer mes clients de Laval, j’ai loué une voiture (je suis avec Communauto) tout près du parc à chiens afin de permettre à Bily de se défouler avant et après avoir dû être en « condo » à la chic pension du Centre Vétérinaire Laval.

Nous arrivons donc au parc tout contents de voir qu’il y a un chien malgré l’heure tardive. Bily entre et s’élance sur le gros (trop gros) Labrador et batifole à qui mieux mieux. C’est qu’elle est intense quand elle veut! Mais aussitôt, la propriétaire du gros chien blond donne des coups de laisse à Bily pour ne pas qu’elle agace son chien. Je lui demande :
-Qu’est-ce qu’il y a, vous ne voulez pas qu’ils jouent ?
-Non, mais elle le mord ! qu’elle me répond.
-Ah, j’ai pas vu ça, que je dis, un peu perplexe.
Bily s’éloigne dans une course folle et revient taquiner le gros, vraiment trop gros chien en tentant visiblement de le faire courir. Le bien-portant toutou entame un peu de jeu timide, Bily répond et voilà que la propriétaire essaie de l’éloigner de nouveau avec sa laisse.
-Vous ne voulez pas qu’elle y touche ?
-Non, non, mais c’est trop.
-Vous trouvez qu’ils jouent trop dur ?
-Non, non, mais c’est moi.
Et elle prend son chien par le collier et l’entraîne vers la sortie. J’ai rappelé Bily vers moi, l’ai fait s’asseoir et nous avons attendu que la porte se referme derrière une dame qui ne voulait pas que son chien se fasse toucher par un autre et un chien, gros, trop gros, qui n’a pas pu courir ni jouer.
J’ai trouvé ça triste.

« T’en fait pas Bily, demain matin on va voir le beau grand Sam et tu vas pouvoir jouer avec autant que tu veux. Et sa propriétaire et moi on va rigoler de vous voir aller, si heureux de vous étriver l’un l’autre et de vous épivarder comme les éternels enfants que vous êtes… »

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Réflexion sur l’entraînement d’un chien

Ce matin, au cours d’une promenade avec mes deux chiennes, Bily et Drue, mon chemin a croisé celui d’un jeune homme avec un boxer, qui était tenu avec une laisse faite de très grosses chaînes. Lorsqu’il nous a aperçu, le boxer a tenté un mouvement d’approche vers nous. Dès cet instant, son maître a tiré très fort sur la laisse en criant un retentissant «Hé!»…  J’ai donc attiré mes chiennes à l’écart au moyen d’un biscuit. Elles se sont assises en me regardant d’un air intéressé. Le boxer, lui, a poursuivi son chemin, l’air piteux, la queue entre les pattes, les oreilles et la tête basse.

Que nous soyons dresseur, maître-chien, éducateur canin ou tout simplement propriétaire d’un chien, les méthodes d’entraînement que nous choisissons sont toujours basées sur notre culture, notre expérience, nos connaissances et nos valeurs.

Mais quelle méthode convient à la fois à notre tempérament et à celui de notre chien ? Qui croire et que retenir parmi toutes les opinions véhiculées dans Internet et à la télévision, parmi tous les conseils prodigués par les voisins, les amis et la famille, sans parler des innombrables spécialistes improvisés que l’on rencontre dans les parcs à chiens ?

La naissance du renforcement positif

C’est en se demandant comment entraîner des dauphins à exécuter certaines prouesses que des personnes ont ouvert une voie royale au renforcement positif.

En effet, les entraîneurs de mammifères marins sont aux prises avec un problème de taille : ils ne peuvent pas avoir recours à la punition ! Imaginez-vous en train d’essayer d’étrangler un dauphin à l’aide d’une chaîne parce qu’il ne saute pas assez haut… En moins de deux, on vous retrouverait au fond de l’eau.

Ce type d’approches a alors été remis en question, puis la punition mise au rancart. Si bien qu’aujourd’hui, un nombre impressionnant de recherches scientifiques montrent les effets néfastes de la punition : risques de blessures, des troubles d’anxiété et d’agressivité, de comportements délinquants, de détérioration de la relation (l’animal évite la personne qui punit) et l’apparition de comportements antisociaux. Mais au fond, toutes ces études sont-elles nécessaires pour nous convaincre de ce que nous pouvons constater par nous-même ?

Qui domine qui ?

Le rapport dominant-dominé a aussi été mis à l’index car il est plus nuisible qu’utile. Même l’auteur David Mech, qui a créé le concept de mâle Alpha (le dominant dans les meutes de loups) s’est rétracté depuis. Les recherches révèlent que la façon dont nous percevons notre chien peut induire une détresse sérieuse chez lui. C’est pourquoi il est impératif de mieux comprendre l’importance du bien-être physique et psychologique des animaux et de savoir que nous devrions les traiter de la même façon que nous aimerions qu’on nous traite.

Se renouveler

Alors, puisque plusieurs techniques et méthodes permettent d’entraîner les chiens avec succès, il suffît de vouloir apprendre : lire de bons livres, assister à des séminaires, à des ateliers ou à des cours qui prônent ces approches basées sur le plaisir réciproque du chien et de son propriétaire. Grâce à cette chronique sur l’éducation canine, je vais contribuer à votre «renouvellement» en tentant d’améliorer vos habiletés en entraînement, afin que votre chien développe son plein potentiel. Je décrirai en détail chacun des exercices, ce qui vous permettra de prendre le chemin de la réussite. Vous deviendrez un enseignant pour votre chien, et non un chef exigeant !

Car on ne peut exiger que son chien adopte certains comportements sans les lui enseigner d’abord… On dit «Viens!» voulant qu’il comprenne tout de suite et qu’il s’exécute sur le champs. On lui ordonne de se coucher mais s’il ne le fait pas, on le force. On exige qu’il marche à notre rythme sans tirer et sans rien renifler sinon on tire abruptement sur la laisse! Comment voulez-vous que le chien comprenne ce qu’on attend de lui s’il n’obtient pas d’explications ? Il faut savoir que, de par sa nature, un chien ne refuse pas de collaborer. S’il ne fait pas ce qu’on lui demande, c’est qu’il est simplement motivé à faire autre chose, confus ou qu’il ne comprend pas ce qu’on attend de lui.

Un nouveau départ

D’abord, vous devrez vous armer de compréhension, de patience et d’empathie, puis vous questionner au sujet des conseils douteux que vous entendez, et des méthodes dures dont vous êtes témoin. Si vous vous sentez mal à l‘aise de pratiquer une certaine technique, choisissez-en une autre ! Car la relation humain-chien doit aussi, et surtout, être fondée sur des émotions, pas seulement sur des techniques.

Il faut comprendre que votre chien ne cherche pas à vous narguer et que vous ne pouvez pas le tenir responsable de vos réactions et de vos humeurs. Il faut commencer par admettre que votre chien et vous êtes sur un pied d’égalité. Il ne faut pas chercher à avoir raison ou à dominer son chien, sinon, il y aura confrontation et conflit dès le départ. Vous ne vous reconnaissez pas dans ce cas de figure ? Pensez-vous que votre chien est têtu ? Qu’il ne vous écoute pas, ou, pire, qu’il n’écoute rien ? Avez-vous pris le temps de lui enseigner adéquatement, et de manière agréable, ce que vous attendiez de lui ?

Mon chien n’écoute pas

Savez-vous qu’il est plus agréable de montrer au chien quoi faire plutôt que ce qu’il ne doit pas faire ? Par exemple, au lieu de lui dire «Ne saute pas!», pourquoi ne pas lui enseigner le «Assis» ? Le chien comprend facilement que lorsque vous revenez à la maison, s’il s’assoit au lieu de sauter, il sera caressé. Car chaque fois que nous repoussons le chien qui saute en lui disant «À terre!», en fait, nous renforçons son comportement! La Dre Sophia Yin, vétérinaire comportementaliste aux États Unis, conseille : «Renforcez les comportements que vous aimez et cessez de renforcer ceux que vous n’aimez pas.» Il y a de quoi méditer sur cette phrase pendant quelques jours…

Si nous rêvons d’un monde meilleur, commençons par améliorer notre rapport avec les animaux. Nous en sortirons tous gagnants et nous nous porterons mieux.

Beau programme en perspective, non ?

Article paru dans Le Magazine Animal, vol 14, # 01.

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Jouer ou ne pas jouer à Tug of War avec son chien ?

Tirer sur une corde ou sur un objet est un jeu que beaucoup de chiens adorent. Ils tirent du plus fort qu’ils le peuvent, voulant obtenir la chose pour eux seuls, s’enfuyant avec pour pouvoir la mâchonner à leur guise ou revenant vers nous pour recommencer encore et encore. Ils tirent, secouent, mordent à belles dents et semblent s’amuser comme des fous. On voit même très souvent des chiens qui jouent naturellement entre eux à tirer sur une corde et où le « gagnant » reviendra vite proposer à l’autre de recommencer.

Pourtant, combien de fois avons-nous entendu dire qu’il ne fallait pas encourager ce type d’interactions ? Que ce jeu était néfaste et pouvait même être dangereux et rendre notre chien agressif…

Pour en avoir le cœur net, j’ai demandé à d’éminents spécialistes ce qu’ils en pensaient.

Kathryn Lord(1) suit les traces de Raymond Coppinger(2), son professeur et mentor. Elle est au département de biologie de l’université du Massachusetts, à Amherst, aux États-Unis.

Voici ce qu’elle pense de ce jeu de « souque à la corde » :

« Si votre chiot ne montre pas souvent les comportements de prendre, secouer et détruire et qu’il ne devient pas surexcité lorsqu’il le fait, il n’y a pas de problème à jouer à la souque à la corde. Ce jeu ne provoquera pas d’agressivité, ni l’éveil d’instincts telle la prédation, mais renforcera ce qui est déjà présent. Par contre, si on constate une augmentation dans la fréquence (le chiot veut jouer de plus en plus souvent) et l’intensité (il est de plus en plus agressif) ainsi qu’une surexcitation pendant le jeu, il faut se demander si cela peut devenir un problème plus tard.

Je dirais que si un chiot âgé entre quatre et neuf semaines démontre déjà avec intensité beaucoup de comportements de prédation comme attraper en gueule, secouer et déchirer (détruire), nous ne devrions pas « encourager » (dans le sens de renforcer par conditionnement) ces agissements. Autrement dit, ne pas répondre à ses demandes de jeu. Ceci vaut pour tous les types de jeu.

En général, nous devons placer le chiot dans des situations où il produira des comportements que nous voulons encourager et que nous accepterons aussi lorsqu’il sera adulte. Par exemple, les éleveurs de border collies destinés à garder les moutons ne leur enseignent pas le rapport d’objet. Ils ne veulent pas les encourager à chasser et prendre en gueule. Mais pour la majorité des propriétaires de chiens, ceci n’est pas un problème, au contraire. Donc ils peuvent très bien l’enseigner à leur chien. »

Simon Gadbois(3), du département de psychologie et neuroscience de l’Institut de Neuroscience du Life Sciences Centre de l’université de Dalhousie, à Halifax en Nouvelle-Écosse est encore plus vindicatif à ce sujet :

« À mon avis, si un chiot a une prédisposition pour des comportements agressifs, ce n’est pas un jeu de souque à la corde qui va déterminer si le chien devient la terreur du voisinage, ou s’il utilise les cordes comme soie dentaire. Le jeu, même le play fight (jeu compétitif, de bagarre) est toujours positif chez les chiens, même chez les loups, coyotes, etc. Il vaut mieux, à mon avis, se préoccuper de la socialisation et être attentif aux comportements anormaux ou indésirables durant cette période critique (avec les humains, les chats ou les autres chiens) que de se rendre fou à toujours se demander si on vient d’activer l’interrupteur de l’agressivité. Même si une prédisposition agressive était déjà en place, s’engager dans ce jeu ne peut qu’avoir un effet minimal.

Évidemment, si un chien a tendance à perdre la boule durant le jeu (n’importe quel jeu, incluant la souque à la corde), il faut intervenir. Mais la seule façon de savoir si on a un tel chien, c’est de jouer avec lui… Et je le répète : même si le chien a une prédisposition héréditaire à l’agression, l’impact ne sera pas si grand. »

Voilà qui nous éclaire un peu, non ? Il n’y a aucun problème à jouer à la souque à la corde avec un chien, à moins que cela ne le rende complètement dingue et qu’il perde le contrôle. Et il est bon de savoir que ce jeu ne peut pas faire naître de l’agressivité ! La seule chose qui pourrait être nuisible serait de stimuler des comportements agressifs déjà présents, renforcés par ce jeu, ce qui aurait pour effet de les augmenter chaque fois. Mais là-dessus, voici une autre précision de Gadbois :

« Le problème le plus fondamental est le suivant: Parce que le « zeitgeist »(4) actuel est de ne jamais intervenir de façon négative (par exemple, à l’aide de punitions, même si très douces, comme élever la voix), le choix des propriétaires de chien est simple: ne provoquer aucun comportement indésirable (malgré le fait que ce soit partie intégrante de l’apprentissage que de se faire corriger, et j’écris « corriger » dans le sens « doux »). Ce qui est dommage, à mon avis, c’est que le chien qui a peut-être un seuil d’excitation (agressive ou pas) un peu trop bas, qui s’excite facilement, en d’autres mots, ne se fera jamais « dire » qu’il ne peut exprimer ces comportements. Ce « tout ou rien » est regrettable, car certains propriétaires ne jouent plus avec leurs animaux par peur de réveiller ces prédispositions. »

Effectivement, voilà autre chose : on ne permet plus à nos chiens beaucoup d’agissements de peur qu’ils ne dégénèrent plus tard en agressivité. Cette crainte de l’agressivité nous amène à restreindre l’expression de toutes sortes de comportements, souvent même tout à fait normaux. Nos deux spécialistes sont assez clairs là-dessus : c’est en période de socialisation que nos chiots apprennent à jouer, entre autres choses. C’est à ce moment que nous devons leur enseigner ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Le chiot doit apprendre le contrôle et la régulation de ses séquences d’actions physiques. Le jeu lui permet cela ; c’est en jouant qu’il apprend. Il comprendra ainsi comment agir afin d’obtenir ce qui motive son comportement : le plaisir accompagnant le jeu. Nous le faisons avec nos enfants ! Un jeune qui serait toujours mauvais perdant et qui lancerait partout les accessoires d’un jeu de table, par exemple, chaque fois qu’il se sentirait menacé de perdre aurait tout à gagner si un adulte responsable entreprenait de lui apprendre à jouer ! À l’opposé, ce qui serait vraiment néfaste dans cette situation serait d’interdire le jeu à l’enfant. Il se verrait empêché d’assimiler des règles de base de la vie en société. Comme les chiens, c’est par le jeu que nous apprenons, nous-mêmes, beaucoup de choses sur la vie…

N’empêchons pas, permettons. Empêcher des apprentissages aussi essentiels à une vie sociale agréable et donc plus enrichissante, c’est amputer les chances d’épanouissement de l’être en devenir qu’est notre chiot… Ou notre enfant.

Pour ma part, j’ai enseigné ce jeu de souque à la corde à ma chienne Dali… Alors que j’étais étendu dans un hamac ! Quelle joie ! Nous faisions ainsi d’une pierre deux coups : elle s’amusait tout en dépensant beaucoup d’énergie et moi je me laissais doucement bercer tout en relaxant… Nous partagions deux bonheurs distincts par une même action !

Allez ! Jouez ! Et soyez bons pédagogues…


(1): Kathryn Lord était conférencière invitée au Chienposium 2005. Lors de sa conférence, intitulée : Le développement du comportement chez le chien (Canis lupus familiaris) et chez le loup (Canis lupus), elle nous a permis d’explorer les différences de développement du chien et du loup et surtout les conséquences probables de ces différences sur leur comportement adulte.

(2): Raymond Coppinger est le co-auteur de l’excellent livre : DOGS: A Startling New Understanding of Canine Origin, Behavior and Evolution, publié chez Scribner, NY, 2001.

(3): Simon Gadbois nous a aussi fait l’honneur de sa présence lors d’un Chienposium; celui de 2007, alors qu’il réagissait à l’effet que nous devrions traiter les chiens comme des loups dans sa conférence intitulée : Chicane d’héritage. Il a aussi été présent pour la neuvième édition du Chienposium, en mars 2009.

(4): Zeitgeist : L’esprit d’une époque, le goût du jour, la mode…

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Avoir un chiot -3-

L’entraînement de Bily la Labsky

Ce n’est pas parce que j’enseigne des maternelles pour chiots et que je donne des cours d’obéissance en encourageant mes étudiants à faire les exercices requis pour avoir un bon chien, à persévérer dans le travail et à pratiquer, pratiquer, pratiquer, parce que c’est là le secret, que j’ai pour autant la volonté et la discipline de le faire moi-même! Faites ce que je dis, pas ce que je fais… J’ai donc opté pour être guidé dans l’entraînement de Bily. Pour avoir quelqu’un qui me dise: aujourd’hui, fais ceci. Demain, ce sera ça. Et j’ai opté pour une des meilleures, sinon la meilleure entraîneure en agilité au Canada: Susan Garrett. Le cours se donne sur l’Internet et chaque jour, je reçois un exercice à faire. L’accent est mis sur le rappel; avoir un rappel effectif, efficace et enjoué. Ce sont des exercices très simples à pratiquer cinq minutes tous les jours. Simultanément à ces exercices de rappel, j’enseigne des trucs comme assis, couche, donne la patte, reste. Bily est très réceptive à l’entraînement et apprend vite et bien. En fouillant un peu sur ma page Facebook, vous pouvez voir quelques vidéos. (en cliquant ici)

Ce cours de Susan Garrett me permet d’être un élève plus assidu et m’offre la discipline nécessaire pour que les choses évoluent à bon rythme.

Le tempérament se révèle

Je croit l’avoir déjà dit, Bily est une petite croisée labrador / husky (que j’aime nommer Labsky). Ce qui semble lui donner un drôle de tempérament. Je dirais qu’elle est curieuse comme le labrador et à la fois suspicieuse comme le husky. Un paradoxe sur quatre pattes! Enfin, suspicieuse… Vous savez quand un chien hésite; on ne sait trop si c’est parce qu’il doit réfléchir avant d’agir ou si c’est tout simplement parce qu’il n’est pas motivé ou encore quelque chose le dérange, l’agace. Par exemple, il arrive que Bily décide qu’elle ne veut pas entrer. Pour quelle raison? Aucune idée. Comme je le dis souvent: on n’a pas accès à la boite noire! Si je sors une gâterie, ça va, elle suit. Ok. Mais je n’ai pas envie de jouer à ce petit jeu: « j’entre seulement si j’ai un bonbon. » Ah, mais… Merci à Madame Garrett, je n’ai qu’à lui proposer cet exercice du « essaies de me rattraper. » Certains exercices que j’ai appris dans cet e-course visent à stimuler le chien au jeu et à l’exciter -probablement pour qu’il acquiert de la vitesse en agilité. J’ai quand même enseigné ces exercices quoique je ne songe pas à faire de l’agilité avec Bily pour le moment. Donc, ce petit jeu est le suivant: je te pousse et je me sauve. Ça marche à tout coup et Bily me courre après automatiquement. Voilà donc ce qui devenait mon alternative à la gâterie pour qu’elle entre ou encore à tirer sur la laisse pour l’obliger à me suivre. Elle me courre après avec joie. Si facile et tellement plus amusant!

Trop curieuse

Un autre aspect à travailler sérieusement est sa grande curiosité, son irrésistible volonté de connaître personnellement et immédiatement tous les chiens qu’elle rencontre et tous les humains qui s’approchent, pour ne pas dire plus simplement tout ce qui bouge! Elle tire alors sur sa laisse, aboie, saute. Les chevaux, par contre, je crois qu’elle leur demande de s’éloigner, je n’en suis pas certain. Quoiqu’il en soit, je fais la même chose dans chacune de ces situations: assis, reste… Bon chien! Ce petit contre-conditionnement fonctionne à merveille. Avec les chevaux, un peu moins, c’est pourquoi j’ai pensé qu’elle éprouvait peut-être une légère crainte envers eux. J’ai donc opté pour la désensibilisation. Un matin, lors d’une promenade, nous avons eu la chance de voir huit chevaux bien alignés sur le côté de la rue. L’occasion était parfaite et nous nous sommes arrêté devant chacun d’eux, en diminuant la distance chaque fois, jusqu’à être très très près de façon à obtenir un tête à tête avec la dernière de ces gigantesques et intrigantes bêtes… Sans aboiements ni recul, seulement un beau et calme « assis-reste ».

Une petite démo ?

Donc, des promenades, des exercices, des jeux et des mots pour chaque chose. Je mélange différent types d’enseignements utilisant parfois le clicker, parfois un leurre, parfois rien du tout; je nomme simplement ce qu’elle fait. Je varie les renforçateurs et me sers de gâteries, de jeu, de caresses ou de mots. Ou encore de la porte du parc à chiens qui s’ouvre si elle s’assoit, par exemple. J’ai aussi enseigné le attends, le vas-y, le prends, le donne, etc.

Si vous voulez partager l’expérience au-delà de ces mots, je vous invite à venir me rencontrer à la marche de la SPCA Montérégie. J’y donnerai des démonstrations et répondrai aux questions des visiteurs. La marche a lieu le dimanche 12 septembre au parc de la Voie maritime sur Riverside Drive (Saint-Lambert). L’inscription débute à 10h. Des chiens de la SPCA Montérégie seront disponibles pour adoption et il y aura aussi des kiosques d’information et de produits pour animaux.

Information: 514.386.5960 ou www.spcamonteregie.com.

Au plaisir de vous y rencontrer!

Jean Lessard

Prochaine livraison: des jeux et des exercices, en ville comme à la campagne!

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Avoir un chiot -2-

Les vices cachés

Donc, me voilà dans l’auto avec Bily, 6 mois, propre, déjà obéissante et ô combien enjouée! Mais que ses dents sont pointues! Le soir même, à l’hôpital vétérinaire, je suis tout heureux de présenter ma nouvelle complice aux amis du boulot. Les réceptionnistes et les « techs » s’exclament:

-Ho, qu’elle est cute!

-Hoooonnnn, qu’est belle!

-Oups! Elle a fait pipi…

Hein, quoi? Hon, je m’excuse… Une technicienne s’empresse gentiment de nettoyer. Un vet qui la tripote un peu (Bily, pas la technicienne…) se rend compte aussi qu’elle a de bien petites dents pas mal pointues. « Elle n’a pas plus de 4 mois, 4 mois et demi cette petite chienne-là » me dit-il. Ah, oui? 4 mois!?

Bon. Je fais ma soirée de consultations et reviens à la maison. Enfin confortablement installé en mode fin de journée bien remplie, j’observe cette nouvelle petite bestiole qui partagera dorénavant mon quotidien. C’est vrai qu’elle est mignonne. Je m’approche d’elle pour la caresser un peu et oups, un pipi sur la carpette… Ho, ho, non… Je la sors en vain, elle a vidé toute sa vessie en haut. J’ai 4 étages. Lendemain matin au réveil, pipi dans la cuisine… Mmmmm. Pas de rétention, hein? On mange, on sort. Une bonne heure afin de lui donner l’exercice nécessaire à un deuxième roupillon. Quelques 90 minutes plus tard, elle se lève, me regarde, s’accroupit et… Pipi! Ouah! Elle n’a vraiment aucune rétention et ne sait pas du tout que les humains ne veulent pas que les chiens se soulagent à l’intérieur.

Bon, ok. On met un programme d’enseignement à la propreté en place: toutes les fois où elle se réveille, on descend. Toutes les fois où elle a mangé, on descend. Après une période de jeu ou d’entraînement, on redescend. Elle joue constamment et harcèle la vieille Drue, mon autre chienne de 10 ans, qui l’endure avec une patience exemplaire. Donc, c’est jeu-sortie, bouffe-sortie, entraînement-sortie, harcèlement-de-Drue-sortie, presque-n’importe-quel-mouvement-sortie! Les muscles de mes cuisses commencent à chauffer… Nous sortons ainsi de 9 à 10 fois par jours. L’escalier des 4 étages comptes 72 marches. J’emprunte donc 1440 marches par jour, sans compter les nombreux pas des longues promenades. Je veux régler la propreté et lui donner suffisamment d’exercice pour qu’elle ressente un peu de fatigue à l’occasion. C’est moi qui suis crevé! Non, mais dans quelle histoire me suis-je embarqué!

« Une adoption, c’est pour la vie. »

J’ai fait le voyage à Québec pour aller la voir parce qu’on m’a dit qu’elle était propre et qu’un chiot si mignon, propre et calme, c’est plutôt rare. Hé ben, non. J’ai un plus jeune chiot que prévu qui n’est pas propre et qui a de l’énergie à revendre. Après quelques jours de ce manège, je me demande si… Non! Pas question. Cette idée ne devrait même pas me venir à l’esprit, moi qui ai toujours aimé le slogan d’un refuge: « Une adoption, c’est pour la vie. »

La liste est longue…

« Faut faire avec », comme disent les, les… Je ne sais pas qui a dit ça. C’est une expression que je n’aime pas, de toute façon. Elle colporte de la résignation, une attitude passive. Une soumission. Je ne ferai pas avec, nous ferons ensemble. Voilà qui est mieux. C’est là que les choix réciproques d’apprivoisement mutuel commencent à se manifester. Comment fonctionnes-tu, comment je fonctionne? Quel est ton tempérament, quelles sont tes humeurs, comment réagis-tu devant telle ou telle chose? On apprend à se connaître. J’essaie de la guider de mon mieux vers les choses à faire et celles à ne pas faire. Ne pas mordiller, ne pas sauter sur les gens, ne pas aboyer, ne pas tirer en laisse, ne pas prendre un puissant élan pour attraper le papillon, ne pas grogner devant les chevaux de calèche, ne pas voler la nourriture à Drue, ne pas la mordre et lui arracher tous les poils du cou, ne pas l’attraper par le collier et tirer, ne pas prendre mes chaussures, ne pas tirer les fils du tapis, ne pas jouer avec la télécommande, ni avec le téléphone, ni prendre le petit râteau du jardin zen, ni vider le jardin zen, ni, ni, ni… La liste est longue, vous l’aurez compris. Et j’enseigne à mes clients qu’il ne faudrait pas uniquement empêcher un chiot de faire telle ou telle chose, ne pas uniquement lui interdire ou vouloir inhiber certains comportements. Nous devons lui offrir des alternatives. Fais plutôt ceci ou cela, prend plutôt ton jouet, mords plutôt ton toutou, joue avec la balle… Lui offrir des choix. Ne pas simplement diminuer le répertoire comportemental d’un si jeune chien qui a tant d’énergie à dépenser. Et la balle ne roule pas seule et la corde ne résiste pas seule. Interagir avec le chiot, jouer avec.

Du temps plein.

Donc, je la sors 10 fois par jour, je joue avec, lui donne de longues promenades, d’autres périodes de jeu et des périodes d’entraînement; assis, couche, reste, donne la patte, accepte la cage et j’en passe, je vous conterai ça aussi plus tard. Du temps plein! Elle me demande du temps plein! Heureusement que je suis encore en semi vacances pendant plusieurs jours.

Vacances pas très reposantes…

Ah… Avoir un chiot!

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Avoir un chiot…

Me voilà de retour sur ce blogue après un été bien chargé…

Les semi-vacances qui ont suivi mes vacances auront été utilisées à très bon escient: celui de me consacrer à l’apprivoisement d’un nouveau chiot!

Plusieurs parmi vous le savez depuis un moment, j’ai perdu ma complice chérie Dali suite à une hémorragie abdominale probablement causée par la présence d’un hémangio-sarcome (une prolifération maligne de structures vasculaires sanguines et lymphatiques). De très enjouée l’après-midi même, elle devenue très affaiblie et très tendue en soirée. Le diagnostique suivant l’échographie m’a frappé comme la foudre. J’ai mis une heure à décider si j’optais pour l’ablation de la rate, une opération à l’abdomen nécessitant une convalescence importante, comportant un risque anaphylactique et un risque d’obligation de transfusion sanguine. Ensuite, ç’aurait été les traitements en chimiothérapie pour une espérance de prolongation de sa vie de trois à quatre mois…

Le choix n’a pas été difficile étant donné ces informations mais pas pour autant moins déchirant. Dali était une complice de tous les instants, particulièrement lors des cours d’obéissance et des conférences que je donnais. Mes étudiants se souviendront longtemps de ces belles démonstrations souvent amusantes à cause de son air si heureux de pouvoir travailler pour un petit bout de biscuit.

Dali est morte, vive Bily!

J’ai mis deux mois, comme le font en général les chiens, pour faire mon deuil et me suis mis à la recherche du prochain partenaire. Après deux ou trois jours à visionner photos et descriptions de chiens recherchant un nouveau foyer, à examiner les propositions reçues par courriels et autres missives, virtuelles et réelles, mon regard s’est allumé à la vue d’une petite binette de chien blond au yeux taquins et à l’oreille tombante. J’ai eu le béguin, comme on dit. Mais, avisé comme mille étant donné mon métier, je n’allais pas craquer si vite et tomber simplement sous le charme! Je me suis rendu à Québec, où la petite avait été amenée à un vétérinaire pour euthanasie, puisque sa jeune propriétaire, qui se l’était procurer pour en faire cadeau à son fiston de trois ans, s’est retrouvée enceinte d’un deuxième enfant un mois après l’adoption du chiot et a décidé qu’elle ne pouvait plus le garder. Heureusement, le vétérinaire au sens de l’éthique fort louable a simplement refusé, expliquant à la jeune mère qu’euthanasier un chiot en pleine santé ne se faisait pas. Celui-ci a donc contacté une dame qui « place » des chiens. Et comble de chance, cette dame était une de mes étudiantes. Comme elle savait que j’étais à la recherche d’un chien, elle m’a aussitôt envoyé une photo de la petite abandonnée.

Je vous raconterai ici cet apprivoisement, les vices cachés qui se sont révélés peu à peu, son entraînement et quelques comportements désagréables que j’ai dû gérer.

C’est donc à suivre…

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