2015 est complet !

Voyez où je serai prochainement et même jusqu’à la fin décembre… Inscrivez-vous aux activités, venez me serrer la pince, me piquer une jasette !

Au parc Lafontaine dans l’arrondissement du Plateau pour ma causerie sur les parcs à chiens, le 10 juin.

À Rimouski pour un séminaire sur l’entraînement et la modification des comportements plus des consultations privées les 13 et 14 juin.

Dans l’arrondissement Saint-Léonard pour ma causerie sur les parcs à chiens, le 17 juin.

À Québec pour une journée d’obéissance plus des consultations privées les 20 et 21 juin.

À Gatineau pour un séminaire sur mesure : Avoir un chien; que d’émotions! L’entraîner; que de contradictions!! au profit de la SPCA le 28 juin.

À Verdun pour ma causerie sur les parcs à chiens, le 8 juillet.

À Roxton Falls pour Poules Académie 1, le 12 juillet.

Un peu de vacances…

À travers ces activités, il y a bien sûr le tournage de ma nouvelle émission sur Ici Explora: On s’aime en chien! pendant les mois de juin, juillet, août et septembre.

Et

Je reçois Debbie Jacobs (fearfuldogs.com) à Roxton Falls les 15 et 16 août.

Première de On s’aime en chien à la télé ! Le 23 août.

Dans l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve pour ma causerie sur les parcs à chiens, le 9 septembre.

Dans l’arrondissement Rosemont/La Petite Patrie pour ma causerie sur les parcs à chiens, le 16 septembre.

À Roxton Falls pour Poules Académie 2, les 19 et 20 septembre.

Dans l’arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce pour ma causerie sur les parcs à chiens, le 23 septembre.

À Ormstown, pour le séminaire : Un chien bien dans ses poils… Même chez le vet ! le 04 octobre.

En France: pas un, pas deux, pas trois, mais quatre séminaires de deux jours se sont remplis en quelques semaines ! Entraînement et modification des comportements sera offert à Plaisirs dans les Yvelines (près de Versailles) en octobre les 22-23, 26-27 et 29-30 et les 2 et 3 novembre.

À Tampa, Floride, cette fois c’est moi qui prend des formations au First Summit de la Pet Professional Guild first summit !

À Brossard, je donnerai mon ixième programme FECC les 20, 21 et 22 novembre et 4, 5 et 6 décembre.

L’année 2015 se terminera avec un Poules Académie en espagnol que je donnerai au Mexique !

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2015 s’annonce excitante !

L’année qui commence, avec tous les projets qu’elle annonce m’amène à me réjouir au plus haut point !

Dans quelques semaines je m’envole pour la France offrir des séminaires d’entraînement et de modification comportementale en région Valenciennes. J’y offrirai aussi des consultations privées pour les propriétaires de chiens aux prises avec des comportements à changer. Après quelques jours, je traverse la frontière Suisse pour offrir des séminaires d’entraînement au clicker et mon programme EER (Entraînement et enrichissement en refuge) à Genève où j’offrirai aussi des consultations privées.

Je serai de retour au Québec fin mars pour le lancement de Mon chien chez le psy, tome 2, un livre écrit en collaboration avec Isabelle Borremans et publié aux Éditions Transcontinental.

Ensuite, je donne mon programme de 6 jours, le FECC (Formation en entraînement et en comportement canin) à Québec et à Brossard et je reprend l’avion pour retourner en France mais de ce côté-ci de l’atlantique en mai : à Saint-Pierre-et-Miquelon où j’offrirai, cette fois, une formation en entraînement au clicker et des consultations privées.

Suivront des séminaires et des conférences un peu partout ici:

-Conférence à la bibliothèque de Contrecoeur en mai;

-Séminaires en entraînement et en entraînement au clicker, le programme EER et une conférence à Sept-Îles, aussi en mai;

-Séminaire en entraînement au clicker à Brossard;

-Se mijotent aussi des conférences à Sherbrooke et à Drummondville;

-Poules Académie I & II à Rimouski en juin;

-Bref, que de belles choses. Je suis très reconnaissant d’avoir toutes ces invitations, tellement content de voir que l’idée d’entraîner nos chiens dans le respect se propage et gagne de plus en plus de terrain et d’adeptes!

À l’automne, ce sera à mon tour d’apprendre encore davantage en participant au premier Force Free Summit de la Pet Profesional Guild à Tampa, en Floride.

Au plaisir de vous rencontrer là où vous êtes !!

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Activités à venir…

Voici où vous pourrez me trouver dans les semaines à venir…

Le 18 mai, je serai au nouveau Mondou de Victoriaville.

dogPark1

21 mai: Causerie dans les AEC (Aires d’exercice canin), Outremont, Parc à l’angle de McEachran et Du Manoir, 17h;

22 mai: Causerie dans les AEC, Rosemont-La-Petite-Patrie, Parc Pélican, angle Molson et St-Joseph, 17h;

Le 25 mai: Animo revient à l’antenne de Radio-Canada les dimanches à 19h30

28 mai: St-Léonard Causerie dans les AEC, (inauguration du parc), angle Jean-Talon et Provencher, 17h;

30, 31 mai et 1er juin: Rimouski
30: Causerie des parcs à chiens;
31: Séminaire en entraînement à un groupe de vétérinaires et techniciens;
31 am: Formation adaptée pour les refuges;
31 pm: Consultations privées

Jeudi 5 juin: Causerie dans les AEC, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Parc Villeray (angle Jarry et Normanville), 17h;

Dimanche 14 Juin: Mont Habitant, St-Sauveur, Conférence à 13h00 Mythes, légendes et fausses croyances à propos du chien

Mercredi 18 juin: Causerie dans les AEC, Anjou, Parc Lucie-Bruneau, 7051 avenue de l’Alsace, 17h;
Jeudi 19 juin: Causerie dans les AEC, Pierrefonds, Parc Grier, 17 760, rue Méloche, 17h;

Dimanche 22 juin: Roxton Falls, Poules Académie 1, 5e couvée – COMPLET

Jeudi 26 juin: Causerie dans les AEC, Lachine, angle de la 28e Avenue et Victoria, 17h;

28, 29, 30 juin: Alma
28: Séminaire en entraînement au clicker;
29: Séminaire en entraînement;
30 am: Consultations privées;
30 pm : Causerie des parcs à chiens

Jeudi 3 juillet: Causerie dans les AEC, Ahuntsic-Cartierville, Parc du Sault- au-Récollet (angle Fleury et Charton), 17h;

8 au 28 juillet: Avec Bob Bailey et Parvene Farhoody pour les Chicken Workshops , Colombia, Maryland.

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Pour être éducateur canin…

28 mars 2014

J’ai fait la connaissance, pas plus tard que hier, de Cyrus John Shokati. Cyrus est un amoureux des chiens. Il est aussi très intéressé par la psychologie, le comportement et la cognition. Il enseigne à l’université et ses champs de recherches sont l’éducation, l’apprentissage et la prise de décisions.

Je l’ai connu parce que je suis tombé sur une opinion qu’il a émise dans un groupe sur Facebook où l’on cherchait à savoir s’il y avait des éducateurs canins dans tel ou tel secteur… Bref, j’ai aimé son opinion et lui ai demandé la permission de la traduire en français. Ce qu’il m’a accordé et il m’a aussi permis d’y ajouter mon grain de sel…

Voici ce que ça donne:

Pour être éducateur canin, il faut être constamment en formation. Les théories de l’apprentissage ne sont pas un nouveau domaine de connaissances, mais lorsqu’il est question de comportement canin et de cognition animale, nous en apprenons encore et encore de nos jours !

Si vous ne vous intéressez pas aux formations continues, colloques et congrès sur le sujet, vous ne respectez pas suffisamment votre champ d’intervention et vous travaillez probablement uniquement pour l’argent.

Si vous ne respectez pas suffisamment le chien pour étudier ses comportements, pour apprendre à voir le monde comme lui et comprendre ses besoins, alors vous faites probablement plus de tort que de bien en faisant la promotion d’idées fausses et d’informations erronées.

Voici comment on devrait évaluer un entraîneur en 10 points :

1) Remarquez son langage corporel en présence de chiens et le langage corporel du chien afin de déceler l’inconfort ou la bonne communication entre eux;

2) Notez le «timing», la constance, la bonne utilisation des signaux pour les demandes, l’utilisation des marqueurs de bons comportements (comme un clicker, un «oui!» ou un «bon chien!», etc.);

3) On devrait constater sa maîtrise de la matière tout autant que son envie d’en apprendre davantage. (Pas seulement user de jargon et de mots-clé à la mode.) S’il utilise le jargon de la science, on doit s’assurer qu’il le fait correctement en demandant des explications claires;

4) Il doit s’intéressez aux formations continues, colloques et congrès portant sur le comportement et l’entraînement des chiens (mais aussi des animaux de différentes espèces) sur une base régulière;

5) Il doit enseigner à l’HUMAIN à comprendre son chien et comment l’entraîner. Il n’existe pas de «trucs rapides»;

6) Il devrait savoir ce qu’est un chien en santé sur les plans psychologique et physiologique et être au fait des causes médicales qui peuvent affecter le comportement;

7) Il ne devrait pas vouloir tout contrôler chez le chien mais le laisser le plus souvent possible être un chien. Les sessions d’entraînement doivent être amusantes pour les deux partenaires;

8) Il doit pouvoir motiver le chien, le garder impliqué et concentré dans le processus. Toute l’expérience de l’entraînement devrait être totalement positive;

9) Assurez-vous de son éthique. On doit pouvoir constater son amour et son respect pour les animaux. Il ne devrait pas tenter de confronter un animal, provoquer des comportements dangereux ou pire le dominer. Il doit faire preuve de compréhension face aux comportements produits par le chien (les animaux).

10) Il ne devrait pas culpabiliser le propriétaire de l’animal d’avoir créé le/les comportements indésirables; plutôt lui expliquer comment les lois de l’apprentissage ont travaillé pour obtenir ce résultat.

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Colliers à pics et colliers électriques interdits – Le Québec fait un grand pas en matière de protection animale !

Je le savais, je l’avais lu, mais il me semblait que l’information était plutôt difficile à trouver et les liens entre les recommandations, les règlement, les lois et les sanctions comme telles pas évidents à faire. J’ai demandé au Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation de m’éclairer sur cette question. Voici : je viens tout juste de recevoir ce message de Caroline Fraser, relationiste à la Direction des communications du MAPAQ.

À diffuser très largement !

« Les types de colliers qui ne sont pas permis apparaissent à la page 21 du Guide d’application du Règlement sur la sécurité et le bien-être des chiens et des chats.

Cette question fait référence à l’article 26 du Règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens : « Le collier de l’animal ne doit pas gêner sa respiration ni lui occasionner de la douleur ou des blessures. »

Aussi, les contrevenants à la Loi sur la protection sanitaire des animaux sont passibles d’une amende minimale de 600$. En cas de récidive, les amendes prévues par la Loi peuvent atteindre 75 000$. »

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Une entrevue pour Explora…

…qui présentait le documentaire Des chiens et des hommes.

exploraexplora - copieexploraC’est le nez fourré dans nos déchets que les loups ont commencé à se laisser apprivoiser. C’est dire qu’il y a 15 000 ans, les humains les ont séduits… par la panse! Ce n’était toutefois pas volontaire des deux côtés.

Jean Lessard, éducateur canin comportementaliste, adhère à la théorie de Raymond Coppinger sur l’origine de la relation entre les chiens et l’Homme. M. Coppinger est professeur de biologie, spécialisé dans le comportement canin, et intervient à plusieurs reprises dans le documentaire Des chiens et des Hommes.

Selon le professeur, le loup se serait approché des humains en allant dans ses dépotoirs pour manger. Ceux qui avaient le moins peur de l’humain sont restés près d’eux, tandis que les autres s’enfuyaient. Ce sont ces animaux, qui apparaissaient plus dociles, qui sont devenus les chiens qu’on connaît aujourd’hui. Leur mâchoire a rapetissé, leurs oreilles sont tombés et la couleur de leur poil a changé.

Jean Lessard compare l’évolution des chiens à un sablier. Les canidés sont leur ancêtre commun. Puis est arrivé le « proto-chien », soit la partie la plus étroite du sablier. « Ce modèle s’est ensuite décliné en plusieurs chiens, selon nos besoins, » indique M. Lessard. « On voulait des molosses, on voulait des grands minces, des coureurs, des plus petits, » ajoute-t-il.

On compte aujourd’hui 400 sortes de chiens, répertoriées, dans le monde. « C’est la malléabilité de cet animal là qui est impressionnante, » indique Jean Lessard. « On s’est mis à produire des chiens de salon, car on les voulait près de nous, » donne-t-il en exemple.

M. Lessard indique toutefois que les humains ont eu des besoins un peu trop particuliers, ce qui a créé des problèmes chez certaines races de chiens. Il donne en exemple le Bulldog anglais qui ne peut plus se reproduire de façon naturelle à cause de sa physionomie. « Il a trop été transformé, donc il faut l’inséminer et il accouche par césarienne, » explique M. Lessard. « On serait allé trop loin dans ce besoin de créer des chiens selon nos fantaisies, » selon lui.

Depuis des milliers d’années, la relation entre le chien et l’Homme a été solide et symbiotique. Ils ont joué un rôle décisif dans l’humanité en tant que chiens de garde, chiens de traîneaux et comme aide aux bergers pour garder les troupeaux. Ils peuvent résister à -50 degrés Celsius, ils sont endurants, ils s’immobilisent quand ils sentent le danger et ils aident à la chasse en repérant les trous d’aération des phoques.

Mais ce lien spécial a beaucoup changé durant les 15 000 ans d’évolution du chien. Aujourd’hui, on ne l’utilise plus tant pour ce qu’il peut faire, mais plutôt pour son apparence. La relation entre le chien et l’Homme est en crise selon Robert Alleyre, comportementaliste canin, un autre intervenant du documentaire.

Toutefois, la relation symbiotique n’est pas totalement perdue. Les chiens ont toujours un énorme potentiel pour aider les humains à survivre. Des scientifiques les utilisent notamment pour détecter le cancer ou le diabète, et ils servent de système d’alarme dans des cas de catastrophes naturelles. Il y aurait donc de nouvelles façons pour eux de changer notre monde…

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Mon chien veut-il dominer ?

Suite à un sondage effectué sur ma page Facebook, où je demandais ceci:

Nommez deux comportements qu’un chien peut produire lorsqu’on le définit comme «dominant», j’ai reçu un peu plus d’une centaine de réponses relatant des comportements différents que l’on associe à une soi-disant domination. En voici quelques-unes:

  • Tête et queue droite
  • Queue surélevée, projection de son corps et les pattes bien plantées
  • Bombe le torse
  • Contrôlant
  • Se gonfle (élargir son poitrail)
  • Manquer d’encadrement
  • Manquer d’éducation
  • Marquer son territoire
  • Marquer son territoire partout
  • Regard fixe et confiant
  • Agressivité
  • Chien roi
  • Reste sur place en fixant le vide
  • Vole sa nourriture
  • Grimpe
  • Indifférent
  • Jaloux
  • Agressif ou protecteur
  • Possessif avec ses jouets
  • Grogner pour avoir quelque-chose de son maitre
  • Grogner pour montrer qu’il est là
  • Grogner lorsqu’on lui demande de lâcher un jouet par exemple
  • Gronde et montre ses dents quand on lui donne demande quelque chose
  • Grogner si on s’approche du fauteuil où il est assis
  • Grogner lorsqu’on lui enlève son os
  • Mordre
  • Suivre l’ordre demandé tout en grognant et/ou mordant dans le vide
  • Montre les dents
  • Mordre et grogner
  • Ne pas toujours écouter du 1er coup pour voir si le maître va changer d’idée
  • Ne veut pas écouter les ordres de son maître
  • Il tient tête a nos décisions
  • Il rouspète quand on le met sur son tapis
  • Ignore les rappels
  • Peut vous affronter en vous regardant dans les yeux
  • Hausse légèrement les babines
  • Physiquement au-dessus de moi, ex: je suis assise sur le divan et lui a les pattes sur le bras du divan
  • Prendre notre place soit sur le sofa ou le lit
  • Bouscule pour passer la porte le premier
  • Passe toujours en premier
  • Marche toujours devant son maître
  • Barrer la route à quiconque
  • Tasse les autres pour obtenir toutes les caresses
  • Se couche la tête sur l’oreiller du conjoint quand il n’est pas là
  • Uriner sur les chaussures du dominant dans la maison
  • Uriner sur son nouveau maître pour faire comprendre qu’il est sa possession
  • Pendant une marche en laisse, tourne la tête vers les distractions
  • N’écoute pas pendant une réprimande, ex; coup de choke parce qu’il marche trop en avant de l’humain
  • Se frotte le derrière contre nous
  • Grimper sur un autre chien
  • Sauter sur un gros chien
  • Se mettre entre l’humain et l’autre chien
  • Agressif ou protecteur
  • Empêcher un autre chien de manger dans son bol
  • Fixer les chiens qu’il rencontre afin que ceux-ci se soumettent
  • Se mettre la tête / le museau sur le dessus du cou d’un autre chien
  • Vouloir toujours manger avant l’autre
  • Repousser l’autre animal s’il a l’attention d’un humain
  • Ligne de poils sur le dos face à un autre chien
  • Monter les autres chiens femelles ou mâles
  • Monter un chien qui est sur son territoire
  • Met la patte sur les autres chiens pour les mettre a terre
  • Grogne à l’autre chien en mangeant
  • Pour la femelle, refuser d’être accouplée
  • Hausse légèrement les babines

Vous comprendrez alors que lorsqu’on me dit: «mon chien est dominant», je ne sais absolument pas ce que cela veut dire ! 

Le mot «dominance» est une étiquette qui peut signifier tellement de choses différentes. Et ceci peut devenir tellement dangereux. Une étiquette n’est qu’une idée floue qui ne repose sur rien de tangible. C’est une interprétation. Celle-ci peut excuser que nous devions nous défaire de l’animal, peut excuser la mise à mort. Elle nuit aux stratégies efficaces de modification comportementale en prêtant à l’animal des intentions qui ne sont pas vérifiables. Cela fait naître une impression de compréhension de la situation et nous empêche de rechercher réellement la cause de tel ou tel comportement. Par exemple: il passe la porte le premier; on dit qu’il est dominant. Si je recherche réellement la cause, je trouverai les éléments qui ont renforcé ce comportement: l’odeur extérieure, le besoin de vider sa vessie, l’envie de rencontrer les chiens voisins, l’envie de courir, etc. Plein de choses peuvent avoir renforcé le comportement au préalable et c’est pourquoi le chien reproduit ce comportement. Sauf que maintenant, nous ne voulons plus qu’il le fasse et le trouvons dominant d’agir de la sorte. Présentez-lui simplement l’occasion d’être fortement récompensé pour un comportement contraire et vous serez sur la bonne voie pour modifier le comportement sans devoir vous confronter aucunement à son soi-disant désir de vous dominer.

D’où nous vient cette idée que le chien aurait comme projet de nous dominer et que pour l’éduquer nous devrions lui enseigner que NOUS sommes le dominant, le mâle Alpha ?

Dans le documentaire sur le sujet de la dominance «Tough Love», Alexandra Horowitz raconte que c’est R. Schenkel, en 1946, qui a étudié des loups en captivité et élaboré ces hypothèses de hiérarchie de dominance. Le problème, c’est que nous avons pensé que ce schéma fonctionnait aussi pour les loups libres, or ce n’est pas le cas. Les loups libres vivent en famille; pas en meute. Le parents sont responsables de l’éducation des rejetons et n’ont jamais à établir leur supériorité; elle est implicite: les jeunes respectent les adultes. Ils quittent aussi la famille dès la puberté afin de créer leur propres familles. Ils évitent ainsi les confrontations qui pourraient avoir lieu dans un groupe maintenu ensemble artificiellement. Le Dr David L. Mech, celui-là même qui a défini le concept du mâle Alpha se rétracte aujourd’hui relatant ces mêmes raisons: «nous avons étudié des loups en captivité, non apparentés, forcés d’être ensemble. Inévitablement, il y a eu beaucoup de bagarres. Et nous avons émis l’hypothèse de la hiérarchie de dominance avec le mâle Alpha tout en haut.»

Plus récemment, pas moins de vingt-trois experts des loups en Europe et en Amérique du Nord ont collaboré à l’ouvrage «Wolves: Behavior, Ecology, and Conservation». Ce livre a été écrit sous la direction, entre autres, de Dr Mech. Il est particulièrement intéressant de voir que le mot «alpha» n’est utilisé que 6 fois tout au long des 448 pages et chaque fois c’est pour mentionner que le terme est dépassé. Voici quelques faits rapportés par ces scientifiques:

-les seules prérogatives des individus dominants sont le territoire (s’il est riche), la nourriture (si elle est rare) et la sexualité (pour assurer la survie de l’espèce);

-les comportements de meute ne sont pas innés;

-il en est de même des comportements de protection des ressources (territoire, nourriture, partenaire sexuel), qui sont des comportements qui doivent s’apprendre; ils ne sont pas héréditaires;

-les loups sont des animaux sociaux de type coopératifs; ils travaillent ensemble à la survie de l’espèce;

-lors d’une bagarre, aucun individu ne soumet l’autre; c’est celui qui veut la paix qui émet des comportements de soumissions inhibant ainsi l’agresseur. Le dominant «gagne» donc par défaut. Ce qui signifie que plaquer son chien au sol ne fait aucun sens. Il est impossible que cette «attaque» soit signifiante pour le chien et qu’il «comprenne» tout à coup où est sa place. Ce n’est q’une façon bien malhabile d’imposer brutalement son autorité par la peur. Et nous prêtons ainsi au chien «des habiletés à adopter la perspective d’autrui» (Udell, Wynne 2008). Le chien ne peut absolument pas deviner que nous avons l’intention de lui communiquer que nous sommes le dominant. Et nous ne pouvons prétendre qu’il a un plan en tête pour dominer notre groupe et qu’il travaille à sa stratégie. Aucune évidence scientifique n’ont à ce jour révélé de telles capacités cognitives chez le chien.

Alexandra Semyonova (2006) ajoute: «Dans plusieurs cas, l’inflexibilité des comportements humains mènent à des interactions impliquant l’agression. Et au départ, c’est l’humain qui est l’attaquant.»

Melissa Alexander note: «ces premières recherches ont pensé qu’un loup dominant forçait un subordonné dans un «Alpha Roll» afin de lui démontrer sa dominance (ndlr: un décubitus latéral ou «plaquer le chien au sol»). Pas exactement. C’est plutôt un rituel d’apaisement initié par le subordonné… Il n’y a pas utilisation de force, c’est totalement volontaire. Un loup en ferait culbuter un autre contre son gré SEULEMENT s’il avait l’intention de le tuer. Vous vous rendez compte de ce que nous faisons subir à nos chiens sur le plan psychologique quand on les force de la sorte ?»

Nous ne pouvons penser que nous sommes en mesure de communiquer efficacement avec nos chiens à l’aide de ces concepts erronés. Même les chiens entre eux communiquent souvent difficilement parce qu’ils n’ont pas appris à le faire ou parce que nous avons coupé des oreilles et des queues ou même parce que nous laissons trop de poils devant les yeux !

Le chien domestique d’aujourd’hui est très très loin du loup.

Le loup que nous avons étudié ne se comporte pas comme un loup libre. Ces concepts dépassés de dominance/soumission, faut-il le rappeler, ont été élaborés avec des loups gardés en captivité.

«Les chiens sont rendus aussi loin de leurs ancêtres que nous le sommes des nôtres.» (Coppinger & Coppinger.)

Malgré tout, nous attribuons encore au chien des intentions et des comportements que les loups libres n’ont même pas entre eux:

-le soi-disant Alpha ne mange pas en premier;

-il n’est pas le leader de la meute;

-il n’occupe pas les espaces les plus élevés;

-il n’initie pas les demandes d’attention ou les jeux;

Toutes ces pseudo règles frisent le ridicule tellement elles n’existent pas dans les communautés de loups. Mais si vous adhérez toujours à ces fausses croyances, essayez d’aller dominer un loup. C’est le meilleur moyen de vous faire tuer !

Tous les comportements mentionnés dans le sondage sont des comportements appris par renforcements. Et c’est pourquoi le chien les produit de nouveau. Il apprend, comme nous, à produire les comportements qui lui rapportent quelque chose. Ceci correspond aux lois de l’apprentissage: on apprend par essais-erreurs et par associations. Si cela fonctionne, on reproduit le comportement; sinon, on essaie autre chose. Les chiens adaptent leurs comportement «en fonction des plus grandes chances de renforcements» (Udell, Wynne 2008). Dès lors, cette définition farfelue de la dominance ne s’applique pas aux chiens.

Voyons voir quels sont les «techniques» ou les «méthodes» d’entraînement que nous connaissons:

Nous pouvons en répertorier trois :

1- La méthode dite «traditionnelle».

Basée sur les punitions (les aversifs). Historiquement utilisée en contexte militaire, par la police et les maîtres-chien. Développée pour les chiens de travail.

Cette approche vise à supprimer les comportements indésirables par la punition. On attends que le chien produise le mauvais comportement afin de le punir.

2- Théorie du mâle Alpha dominant dans la hiérarchie de la meute.

Dans cette théorie, le chien produit des comportements indésirables afin d’obtenir un rang supérieur dans la hiérarchie. Cette théorie nous dicte que nous devons casser son caractère et lui montrer que nous sommes le mâle Alpha en corrigeant ou en tentant de supprimer ces comportements. Basée sur la punition et l’induction de la peur.

3- Entraînement par renforcements positifs.

Cette théorie conçoit que le chien produit des comportements parce qu’ils ont été renforcés. Le chien apprend ainsi quels comportement lui rapportent et les répète. S’ils ne fonctionnent plus, il essaiera autre chose. C’est l’apprentissage par essais-erreurs (ou conditionnement opérant). On modifie les comportements indésirables en les remplaçant par d’autres qui seront renforcés.

Il faut savoir que pour augmenter ou diminuer un comportement, les lois de l’apprentissage sont très claires: un comportement renforcé va augmenter, un comportement punit va diminuer. C’est ce qui est réellement efficace si utilisé adéquatement.

L’efficacité doit-elle être le seul critère ? 

Sur le plan éthique, certainement pas. Et si ces conséquences (renforcements et punitions) sont mal utilisées ? Alors, il n’y a pas d’apprentissage. Dans les cas de renforçateurs mal utilisés, on ne fait pas grand mal sinon rendre l’animal confus face à ce qu’on attend de lui et dans le cas de punitions mal appliquées et inefficaces, nous sommes en situation d’abus, de maltraitance. Pire, on sème la confusion.

Malheureusement pour le chien, les méthodes 1 et 2 sont souvent appliquées ensemble. C’est même pire lorsque les méthodes 1 et 3 sont utilisées simultanément; le chien devient alors très méfiant ne sachant pas ce qui l’attend. Ce chien n’ose plus produire de comportements.

Imaginez lorsque nous mélangeons tout ça: 1, 2 et 3 tout ensemble.

Alors ? Comment agir ?

La première chose à éviter est certainement de prêter des intentions au chien. Qu’il veuille dominer parce qu’il saute ? Dominer parce qu’il ne répond pas à une demande ?

On devrait plutôt analyser la situation pour ce qu’elle est et ne se préoccuper que du comportement. Pas des intentions (auxquelles nous n’avons pas accès!).

Nous pouvons modifier n’importe quel comportement aussitôt que nous arrêtons de penser au chien en termes de « ce qu’il est » et que nous pensons plutôt uniquement en termes de « ce qu’il fait ».

Prenons, par exemple, grogner pour «protéger» le divan ou autre chose. À ce sujet, Dr Karen Overall (1997) note: «cela n’a rien à voir avec un «statut» (ndlr: statut de dominant). Encore une fois, ce «statut» est un exemple de tentative d’explication d’un comportement avec un concept qui s’applique aux humains, pas aux chiens.»

Modifier la protection des ressources, que ce soit sur un fauteuil ou pour de la nourriture ou un jouet se fait très bien à l’aide de renforcements des bons comportements et sans jamais confronter le chien ou l’obliger à obtempérer, ce qui nuirait tellement à l’établissement d’une relation de confiance. Nous travaillerions alors en renforcements différentiels de comportements incompatibles ou alternatifs. Jean Donaldson a consacré un livre entier sur le sujet de la protection des ressources et comment modifier ce comportement. Une excellente ressource: Mine! A Practical Guide To Resource Guarding In Dogs, 2002.

Ajoutons à cette confusion que nous ne sommes pas habiletés à parler en langage chien. Ni le chien à parler en langage humain. Nous avons là un problème de communication majeure si nous ne pouvons lui enseigner adéquatement les lois de ses ancêtres qu’il devrait connaître mais qu’il ignore puisqu’il est tellement loin d’eux…

Aussi, il n’existe pas de hiérarchie à proprement parler, soit une organisation hiérarchique basé sur les rôles de chaque individu, entre espèces différentes. Exception faite peut-être pour les fourmis élevant des pucerons-esclaves… Est-ce là la relation que nous voulons avec nos chiens ?

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Une conférence sur les parcs à chiens… Dans les parcs à chiens !

J’amorce une tournée des parcs à chiens de l’île de Montréal avec ma conférence sur les parcs à chiens !

Dès le 30 octobre, je serai au Parc Wolfred-Nelson en matinée et au Parc Jarry en fin d’après-midi et le 6 novembre au Parc Pilon. Plus d’informations à venir… J’ai très hâte de vous y rencontrer !

Actions et interactions dans les parcs à chiens; quand et comment intervenir?
Une conférence pour les utilisateurs des parcs à chiens : est-ce vrai que mon chien est dangereux? Mon chien est toujours victime de chiens plus «baveux»! Doit-on arrêter le jeu si les chiens grognent ou se bousculent? Qu’est-ce que du «bon» jeu? Quels comportements sont à risque?

Une conférence qui répond à beaucoup de questions des propriétaires de chiens et qui donne des pistes à suivre, des façons de réagir adéquatement devant les différentes situations pouvant se produire dans les parcs à chiens.

Surveillez les autres dates à venir sur ma page Facebook.

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Animo aux Gémeaux ?

Wow ! Belle nouvelle: L’APPLICATION MOBILE L’ÉDUCATEUR ANIMO est finaliste aux prix Gémeaux 2013 ! Catégorie: Meilleur projet numérique (site web et/ou application mobile) pour une émission ou série : affaires publiques, documentaire, magazine, sport.

http://www.acct.ca/prixgemeaux/finalistes/internet-et-nouveaux-medias/meilleur-projet-numerique-site-web-et-ou-application-mobile-pour-une-emission-ou-serie-affaires-publiques-documentaire-magazine-sport.html

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Deux requêtes… deux mondes !

Deux requêtes reçues récemment l’une immédiatement après l’autre… N’existe-t-il pas un moyen pour que tout le monde reçoive la même information ? Hélas, non.

Bonjour,

Je voulais connaître vos tarif. (Budget limité) J’ai un petit «chien» de 1 ans et j’ai beaucoup de difficulté avec :

Très nerveux
Aime pas les gens qu’il connait pas
Jappe après les gens
Fait des pipi quand il est nerveux
Fait des pipi quand on le chicane
Fait des pipi quand on le caresse
Mange les fils

Je pense même à m’en débarrasser car je ne sais plus quoi faire… Je me sens mal car il est seul de 9h à 18h!

Merci.

 

Bonjour,

Il me fait plaisir de vous contacter, j’espère ne pas trop gruger votre temps! J’ai adopté une petite chienne qui a maintenant 12 semaines et depuis quelques mois je fais des recherches pour lui donner le meilleur de moi-même.

C’est avec dépit que j’ai remarqué que la majorité des éducateurs/trices canins au Québec fonctionnent sur des méthodes soit basées sur la hiérarchie et le leadership, ou sur un faux renforcement positif appuyé de méthodes coercitives que je ne peux appuyer…

J’ai assisté à un cours donné à Ste-Thérèse mardi soir, et après un traumatisme passé à écouter la maître-chien parler d’éducation, basée, entre autres, sur la technique de l’ascenseur (qui consiste à lancer son chien dans les airs pour qu’il cesse un comportement non désiré), je lui ai fait part de ma vision des choses. Elle m’a alors mentionné votre nom. C’est une joie que cet endroit pénible m’ait amené sur votre site internet! Je ne connais pas l’émission Animo, mais je vais certainement commencer à la suivre!

Pour ma part, je suis beaucoup Emily Larhlam (kikopup sur youtube) que je trouve extraordinaire, et j’ai été épaté de voir qu’il est possible de trouver quelqu’un au Québec qui propose une méthode similaire, sinon encore meilleure!

Enfin, tout cela pour dire que j’aimerais beaucoup vous rencontrer, pardonnez la longueur du texte mais je suis très enjouée à l’idée!

Bien sûr j’ai un budget, donc je me demandais si les prix sont fixes ou s’il y a un prix spécial pour les étudiants?

Je souhaite énormément pouvoir donner ma confiance à 100% à un éducateur de talent et m’embarquer avec mon copain et ma petite chienne!

Merci énormément pour votre temps, c’est très apprécié!

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