Mauvaise foi, menaces et manipulation; leçon 1

Il y a un moment que je n’ai pas écris ici… Permettez-moi d’y revenir pour me défouler un peu:

Mauvaise foi, menaces et manipulation de la part d’une cliente potentiel.

La conversation s’est déroulée par courriel…

Cliente:
J’ai regardé sur votre site internet et je n’ai pas trouvé la méthode que vous employez pour régler par exemple le problème d’un chien qui aboie. Et après une heure, est-ce que votre consultation est garantie? Je veux dire : si le problème n’est pas réglé par la suite, est-ce que vous revenez gratuitement? Est-ce que vous offrez un suivi? Et est-ce que la consultation peut être payée en plusieurs versement?

J’attends vos réponses à mes questions.

(J’ai le sentiment que ce pourrait être une cliente un peu exigeante…)
Moi:
Il n’y a pas UNE méthode pour régler les choses. Ce qui est important de savoir c’est que je travaille à base de renforcements positifs et que je n’ai pas recours à l’autorité d’un mâle Alpha pour « corriger » un chien. Je vous outille adéquatement pendant une consultation et vous faites le travail ensuite au quotidien. Je n’offre aucune garantie. Lisez le pdf à cet effet joint à ce message (Comment choisir un éducateur -de l’AMVQ). Je ne retourne donc pas gratuitement mais j’offre un suivi téléphonique ou par e-mail sans problème. La consultation est payable sur place en un seul versement.

Cliente:
J’ai un shi-tzu de 7 ans, ça fait 6 ans et demie qu’il jappe quand il voit ou entend des gens ou autre chien dehors et que j’ai tout esssayer pour l’arrêter. Qu’est-ce que je dois faire pour que ça fonctionne enfin, parce que moi je suis patiente mais ce n’est pas le cas de mes parents et je dois régler le problème au plus vite.

Moi:
Il me fera plaisir de vous aider avec ce problème d’aboiement. Je suis à l’Hôpital Vétérinaire Rive Sud les mardis et mercredis. Je suis aussi au Centre Vétérinaire Laval les lundis. Pour obtenir un rendez-vous, il suffit de les appeler directement ; ce sont eux qui tiennent mon agenda.

Cliente:
Je vous lis dans la revue Animal à laquelle je suis abonnée et je vous trouve vraiment intéressant, donc j’ai vraiment besoin que vous me disiez quoi faire pour régler le problème d’aboiement de mon chien.

(Ok, elle commence à insister pas mal sans prendre de rendez-vous…)
Moi:
Prenez une consultation; je dois voir et évaluer le chien et les situations où il aboie.

Cliente:
Je peux prendre une consultation seulement si je peux payer en plusieurs versement car je suis handicapée donc sans emploi et je dois absolument régler le problème d’aboiement et je vous l’ai dit les situations qui le font aboyer sont quand il voit un autre chien ou des gens quand il regarde par la porte et quand il va dehors et qu’il entends des bruits quelconques.

Moi:
En appelant pour un rendez-vous à Laval, demandez si vous pouvez payer maintenant la moitié de la consultation par carte de crédit et la balance au moment du rendez-vous. Ce qui ferait 2 paiements d’environ 65-70$.

Cliente:
Maintenant que vous savez les raisons de l’aboiement de mon chien, vous pouvez me donner quelques conseils à faire.

(Ok, ça ne sert à rien!)
Moi:
Désolé, je dois voir le chien.

Cliente:
Ça ne changera rien de le voir quand vous savez les problèmes. Mais bon si vous ne voulez pas m’aider je vais trouver quelqu’un qui le veut bien.

Moi: (Devant cette obstination et cette culpabilisation, je n’ai rien répondu…)

Cliente:
Vous n’avez pas répondu au courriel ci-dessous! Alors j’ai raison de dire que vous n’avez pas besoin de voir mon chien pour me dire quoi faire, vous pouvez le faire par courriel et j’ai raison aussi de dire que vous n’êtes pas intéressé à m’aider?

C’est plate parce que je suis abonné à la revue Animal et vous y écrivez des chroniques donc je pourrais écrire dans cette revue pour donner mon opinion ou pour avoir le conseil que j’ai besoin.

(Menaces ? Manipulation… Wow!)
Moi:
Je vous ai expliqué que je dois voir le chien. Je veux bien vous aider, mais dans les règles de l’art et le plus adéquatement possible. Les conseils donnés par courriels ne sont qu’approximatifs et c’est de la mauvaise pratique que de procéder ainsi.

(Pas de nouvelles depuis…)

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Animo: questions des téléspectateurs

Après chaque diffusion de l’émission, je reçois des dizaines de demandes d’aide. Radio-Canada m’a demandé de répondre à une vingtaine d’entre elles qui sont représentatives.

Mais d’abord, un mot sur le conditionnement basé sur les renforcements positifs : bien utilisée, la nourriture a fait ses preuves en entraînement. Pavlov et Skinner l’ont amplement démontré dans leurs recherches. Ce sont eux qui ont développé les lois du conditionnement.

La nourriture ne rend pas un chien dépendant, et il est faux de croire que le chien ne vous écoutera pas si vous n’avez pas de nourriture dans la main. Ce sont là des idées préconçues. Peut-être que les termes « gâterie » ou « bonbon » portent à confusion. En fait, il s’agit simplement de nourriture. L’animal « sait » que la nourriture est essentielle à sa survie. C’est pourquoi elle est appelée, en matière de conditionnement, renforçateur primaire. Et si vous craignez que cela ne rende le chien obèse, utilisez sa nourriture habituelle au lieu de « gâteries » et calculez ce que vous lui donnez!

Pensons à tous ces animaux dans les zoos et les aquariums qui acceptent de recevoir des soins vétérinaires, souvent désagréables, simplement parce qu’ils ont été entraînés à les recevoir sans réagir en échange d’un bout de banane ou d’un poisson… Partout sur la planète, aujourd’hui, on entraîne ainsi des loups, des hyènes, des dauphins bien sûr, et même des orques.

J’ai vu des requins Zebras accepter docilement des injections. Avant leur entraînement, ces requins devaient être maintenus de force dans des grilles à poisson comme celles pour le BBQ. L’entraîneur de ces bestioles pas très faciles d’approche a gagné un prix à la ABMA (Animal Behavior Management Alliance). Pensons aussi à ce fameux babouin, Loon, diabétique. Comme son diabète n’était pas héréditaire et que le babouin est une espèce en voie d’extinction, il était important qu’il soit traité afin qu’il puisse se reproduire. Sauf qu’il semblait vouloir détruire les vétérinaires chaque matin quand ils approchaient avec les seringues d’insuline. Ceux-ci devaient le placer en contention très restreignante tous les jours et souvent l’anesthésier… Loon a développé beaucoup d’agressivité et s’est mis à produire des comportements chaotiques difficiles à comprendre et des stéréotypies. Gary Priest, du zoo de San Diego, a été appelé avec son clicker et des bananes. Loon offre maintenant volontairement son bras et sa fesse aux vétérinaires.

J’ai moi-même entraîné des poules, des phoques, des chevreuils, des pumas et des lynx… avec des gâteries! Et on pense que ce ne serait pas profitable avec nos petits chiens-chiens?

Je vous recommande fortement d’essayer. Il suffit d’appliquer quelques règles de base afin de bien réussir :

— utilisez la gâterie comme un leurre (ou un appât) uniquement quelques fois au début de l’entraînement d’un nouveau comportement (le Dr Ian Dunbar recommande un maximum de six fois);

– refaites le même exercice sans gâterie dans la main (autrement dit : sans leurre) et offrez-en une seulement après le comportement (nous avons 0,4 seconde pour renforcer);

— ensuite, lorsque le comportement semble automatique, commencez à couper progressivement dans l’utilisation des gâteries (ce qui se nomme renforcement aléatoire; le plus puissant des renforcements).

Les comportements renforcés de la sorte deviennent ainsi conditionnés. C’est-à-dire que l’animal les produira automatiquement devant le stimulus associé dans un contexte approprié. Le chien obéira… Mais attention : pas à vous! Il obéira aux stimulus présentés (le geste ou le mot) par simple conditionnement. Comprendre cela nous mènera sur la bonne voie. Vous obtiendrez un chien heureux de collaborer, et votre relation s’en ressentira; vous aurez du plaisir tous les deux. Et si le chien désobéit, c’est la même chose : ce n’est pas à vous qu’il désobéit; il ne cherche pas à vous narguer. C’est simplement que le conditionnement n’est pas à point.

Mais c’est là une autre histoire : dès que je pense que le chien me tient tête, je veux lui montrer que c’est moi qui aurai le dessus. Le conflit s’installe et plein d’émotions confuses entrent en jeu. Dans l’entraînement basé sur les renforcements, il ne se glisse pas d’émotions désagréables, ni l’envie d’éviter ou de fuir…

P.-S. J’ai nommé Pavlov, Skinner et Ian Dunbar. Voici d’autres noms de professionnels inspirants au plus haut point avec lesquels j’ai travaillé, que j’ai interviewés ou que j’ai rencontrés lors de colloques ou pour suivre leurs ateliers : Joël Dehasse, vétérinaire-comportementaliste (mon principal prof et mentor depuis plusieurs années). Simon Gadbois, éthologue et réviseur de certains écrits que j’ai en chantier. Raymond Coppinger, biologiste américain, il a changé nos façons de voir le chien. Et certainement les trois plus grands entraîneurs au monde : Ken McKort, Bob Bailey et Terry Ryan.

Le Dr Ian Dunbar enseigne l’utilisation des renforcements depuis des années. Karen Pryor a popularisé l’utilisation du clicker. Jean Donaldson a démystifié l’éducation canine et expliqué les comportements du chien comme peu ont su le faire. Turid Rugaas a répertorié les signaux d’apaisement et expliqué leur utilité.

Alexandra Horowitz nous fait part des résultats de ses recherches fascinantes sur comment « pense » le chien. Victoria Stilwell anime It’s Me Or The Dog, sur la chaîne Animal Planet. Et je réfère souvent les écrits et vidéos de la Dre Sophia Yin.

Sujet : Notre chienne avale tout ce qu’elle voit
Question de France Petit de Sherbrooke
Je voudrais savoir si je peux vous soumettre un cas de mauvais comportement chez mon chien. En fait c’est un problème multiple. Safie est une femelle épagneul allemand de 2 ans. Elle a plusieurs problèmes que nous n’arrivons pas à corriger même après avoir rencontré des gens qui se disent spécialistes en comportement canin. Un vétérinaire nous a même suggéré de la faire euthanasier. Nous cherchons la solution miracle. C’est une petite chienne vive et enjouée et généralement affectueuse, mais… elle avale tout ce qu’elle voit sans discrimination : guenille, débarbouillette, bas… Cet hiver, nous avons dû la faire opérer pour une obstruction intestinale. L’autre problème qui nous dérange davantage, elle grogne et montre les dents pour toutes sortes de raisons. Quand elle ne veut pas se faire attacher, quand elle ne veut pas qu’on lui touche, aucune personne étrangère à la maisonnée ne peut lui toucher. Est-ce que ces problèmes sont corrigibles?

Voici une situation où il est très important d’enseigner que tout n’est pas désagréable (se faire attacher, se laisser toucher, etc.). Comment? En lui montrant que c’est payant! On attache la laisse : gâterie. On touche seulement un peu : gâterie! Vous verrez, en un rien de temps, Safie changera ses perceptions et ses émotions. Pour le problème de pica (avaler toutes sortes d’objets), j’enseignerais le « donne ». Mais avant, il faut savoir que le problème est peut-être renforcé simplement par l’attention que Safie obtient dès qu’elle s’empare d’un objet. Pour cette raison, je procéderais ainsi : lancez une gâterie par terre, et alors qu’elle la prend, dites « donne ». Faites ainsi pendant plusieurs jours, deux à trois fois par jour, deux à trois minutes chaque fois. Après environ une semaine, testez votre enseignement en plaçant par terre un objet qu’elle prendrait normalement. Dès qu’elle le prend, dites « donne ». Elle devrait venir vous voir. Renforcez.

Sujet : Anxiété de séparation (1re de 2)
Question de Joanne Belzile, de Deux-Montagnes
Ma petite cocker américaine de 4 ans souffre d’angoisse de séparation, mais curieusement seulement quand je sors faire autre chose que le travail. Elle égratigne et mange le cadrage de la porte, et ce tant que je ne suis pas de retour. Je ne peux la corriger puisque je ne suis pas là. Je ne sais comment faire pour qu’elle arrête ce comportement… Merci!

Comme vous le dites vous-même, elle souffre. Il est important de comprendre que le chien qui détruit, élimine ou aboie et hurle en notre absence ne se venge pas! Il souffre. Il est donc tout aussi important de comprendre que de le corriger et de le punir aggraverait la situation. Il suffit de lui faire associer nos préparatifs de départ avec autre chose que sa montée d’anxiété et de l’habituer très progressivement à nos absences. Le vétérinaire peut aussi vous aider avec une médication appropriée. (Autrement, assurez-vous que votre chien profite de suffisamment d’exercices et d’occupations.)

Sujet : Anxiété de séparation (2)
Question d’Annie Gobeil, de Lac-au-Saumon
Bonjour, J’aime beaucoup votre émission, je l’écoute tous les dimanches… Je voudrais m’adresser à M. Lessard, éducateur canin. J’ai un petit shitzu de 20 mois, il pèse 10 livres. J’ai un problème avec lui, il ne supporte pas les départs. Je vous explique, lorsque nous le laissons seul à la maison, il a la manie de se lécher l’épaule gauche. Il se lèche tellement qu’il devient tout mouillé, il fait ça seulement lorsqu’il est seul à la maison. Comme nous travaillons tous les deux, la semaine il est seul. Par contre avec nous, il est d’une nature enjouée, heureux, mais il est dépendant affectif, je crois… Que puis-je faire pour que cela lui passe, j’ai peur qu’à la longue il se fasse des plaies à force de se lécher…. Pouvez-vous m’aider? J’ai acheté un vaporisateur apaisant vendu à la clinique vétérinaire, et cela ne fait rien. J’ai beau lui dire de ne pas se lécher, je sais qu’il comprend, mais il le fait quand même… Avez-vous un truc? Quelque chose pour m’aider… Nous l’aimons beaucoup et nous ne voulons pas le battre ni le maltraiter… Merci de m’aider.

En plus des exercices à faire ci-dessus, vous pourriez tenter de lui occuper la gueule lors de vos départs. Avec un os ou quelque chose de très alléchant et qui dure un certain temps. Vous pouvez même donner un os,une balle distributrice de sa moulée et quelques autres friandises placées dans des endroits faciles d’accès.

Sujet : Le jeu
Question d’André Martel, de Châteauguay
Bonjour, nous avons un Labrador-Rottweiller de 5 mois qui adore jouer. Notre problème est qu’il ne fait pas la différence entre nous et ses jouets. De plus, il jappe jusqu’à ce qu’on s’occupe de lui. Nous faisons beaucoup de renforcements, mais lorsqu’il se met à japper, ça nous rend agressifs et hors de nous. Nous avons aussi essayé le collier à la citronnelle, mais il s’est habitué à l’odeur en deux jours. SVP, aidez-nous!!! Nous l’aimons et nous ne voudrions pas avoir à nous en débarrasser pour si peu…

À cet âge, il est tellement normal que ce type de chien ne pense qu’à jouer. Comment renforcez-vous ces demandes de jeu? En répondant et en jouant? C’est peut-être pour cela qu’il devient un peu frustré et insiste quand vous ne voulez pas jouer. Voici : ignorez totalement ses demandes, quitte à disparaître derrière une porte. Dès qu’il est calme, commencez le jeu (ce qui fait office de renforcement sur un comportement calme). Enseignez l’arrêt du jeu : en échange d’un morceau de nourriture, faites-le s’asseoir. Recommencez le jeu. En peu de temps, vous n’aurez plus besoin de la nourriture et vous n’aurez qu’à lui demander de s’asseoir. Renforcez alors uniquement avec la reprise du jeu. Cela s’appelle enseigner l’autocontrôle.

Sujet : chien possessif
Question de Anne Leclerc, de Sherbrooke
Bonjour, J’aimerais savoir comment régler le comportement de mon caniche : il est très possessif de nos effets personnels (il se couche sur nos manteaux et quand on s’approche, il jappe et grogne, même chose pour les souliers). Pouvez-vous nous aider? Merci beaucoup.

Votre chien s’est trouvé un bon boulot! Assurez-vous que votre chien bénéficie de suffisamment d’exercices et d’occupations. Autrement, chaque fois que vous vous approchez de lui, présentez-lui quelque chose d’appétissant ou encore un jouet qu’il adore. Faites un échange. Ensuite, quand cela fonctionnera bien, lancez cette gâterie ou ce jouet au sol, près de lui, en disant quelque chose comme « bouge » tout en montrant du doigt la gâterie ou le jouet. Après plusieurs sessions d’enseignements, testez votre nouveau comportement : alors qu’il protège un manteau ou des chaussures, dites « bouge » en pointant là où il doit aller.

Sujet : un chien en manque d’attention
Question de Joana Desmeules, de Jonquière.
Bonjour, j’adore votre émission, elle est très enrichissante. Vous m’avez très clairement fait comprendre que je devais changer mon comportement avec mon animal de compagnie.

J’ai un jeune labrador de 9 mois, il a des comportements que je dois lui faire changer car j’aimerais bien que nous soyons tous en harmonie.

- Quand nous sommes à l’extérieur et que nous restons assis à relaxer, passons la tondeuse ou même quand nous jouons avec notre fille de 19 mois, Balzac (notre chien) n’arrête pas de japper et cela devient vraiment énervant. Nous ne savons pas comment nous y prendre. Oui, en faisant du renforcement positif, mais si je m’en occupe, il va se dire : « je jappe et elle s’occupe de moi », non?

En effet, plusieurs personnes croient qu’en utilisant le renforcement positif afin de changer un comportement indésirable, ils renforcent le mauvais comportement. Il faut faire bien attention pour renforcer uniquement le comportement désiré. Comme nous ne disposons que de 0,4 seconde pour renforcer, il est primordial d’avoir de bons réflexes! Soyez rapides, précis et calmes tout à la fois! Le chien aboie devant moi? Dès qu’il se tait pour quelques secondes, je renforce. À répétition avec un très haut ratio de renforcements. Dès que je pense qu’il commence à saisir que le silence est d’or, j’essaie d’allonger la période de silence en renforçant après plusieurs secondes seulement. Et ensuite, jouez! Lorsque vous désirez relaxer, donnez-lui quelque chose à faire comme gruger un os ou détruire une peluche!

Questions multiples sur les aboiements :

Question de Marie-Claude Labrecque, de Montréal
Bonjour, j’ai un pug de 10 mois qui se nomme Jackson. Il jappe sans cesse depuis peu pour avoir de l’attention et jouer. On le fait marcher au moins 4 fois par jour et au moins 1 fois par jour on le fait courir jusqu’à épuisement au parc pendant près d’une heure (sauf quand il pleut) et durant le reste du temps il continu quand même a toujours vouloir de l’attention et jouer et japper pour obtenir ce qu’il veut. Je suis en train d’essayer le truc de l’ignorer complètement et quand on est plus capables, on le met dans sa cage comme punition pour 5-10 minutes… Mais il recommence sans cesse … Aidez-nous s.v.p. Merci.

Je vous renvoie à la réponse aux multiples questions sur les aboiements, mais avant tout, je dois dire ceci : vous ne l’ignorez pas complètement puisque vous lui donnez de l’attention lorsque vous n’êtes plus capables d’endurer ses jappements. Ignorer signifie rien, niet, nada! Aucun regard, aucun soupir, rien.

Question de Nicolas Bonin, de St-Alexis-de-Matapédia
Depuis environ un an, mon Golden Retriever de 8 ans a une phobie des orages. Dès qu’il entend un grondement au loin ou qu’il se met à pleuvoir un peu fort, il se met à trembler et ne sait plus où se mettre. Rien ne le rassure et nulle cachette n’est assez bonne pour lui. J’en suis à me demander si je ne devrais pas lui cuire un morceau de viande pour lui changer les idées lors d’un orage. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire, compte tenu du fait que c’est un chien tout ce qu’il y a de plus épanoui, qui ne manque jamais d’affection, de compagnie (il a une Labrador-Husky comme compagne), de jeux, d’espace, de nature et de liberté. Les promenades, bien sûr, lui font du bien, mais il en a déjà une d’une heure pratiquement tous les jours. Si vous avez une idée pour l’aider, je vous serai très reconnaissant (et lui aussi)! Merci.

Lui cuire un steak à chaque approche d’orage est certainement une bonne façon de lui changer les idées, mais dès qu’il aura terminé de le manger, l’orage continuera de gronder. Nous procédons normalement à une désensibilisation progressive en utilisant d’abord les sons de l’orage. Vous pouvez trouver des CD de ces sons. Faites asseoir ou coucher le chien à vos côtés. Faites jouer les enregistrements d’orage à très faible volume et renforcer le chien s’il ne réagit pas. Augmentez un tout petit peu à la fois le volume. Allez-y très progressivement afin d’obtenir uniquement de bons comportements à renforcer. Si le chien réagit aux sons, c’est que vous allez trop rapidement. Il se peut que ce qui déclenche sa peur soit les changements atmosphériques précédents l’orage : vents qui se lève, assombrissement du ciel, ionisation de l’air. Dans ce cas, vous devrez donc prévoir le coup et faire vos exercices dès les tout premiers signes.

Question de Amélie Marion, de Saint-Charles Borromée
Bonjour, J’ai un épagneul breton de 4 ans et malgré mes cours de dressage, une consultation avec un comportementaliste, mes nombreuses lectures sur le sujet, et la prise de médication, je ne viens pas à bout de corriger son problème majeur. Il ne tolère aucun animal. Il les voit par la fenêtre, il jappe, il court dans tous les sens, il hurle, et ce malgré le fait que nous l’amenons dans sa cage pour le calmer. Aussitôt sorti de la cage, il revient à la charge pour voir si l’animal est toujours présent. Nous avons essayé de le faire jeûner pendant 24 heures et il ne choisit même pas sa nourriture, il continue son comportement agressif. Nous ne pouvons le laisser dehors plus que deux minutes, sinon il passe son temps à japper. Tous les rideaux sont fermés dans la maison afin de diminuer la visibilité avec les animaux, pour avoir un peu de répit. Nous avons investi beaucoup de temps et d’argent et ça ne suffit plus. Je ne peux pas concevoir avoir un enfant et mon chien, car c’est trop d’ouvrage! Comme il attaque les autres animaux lorsqu’ils viennent vers lui, je ne peux pas le donner à une autre famille… C’est comme un vice caché. Pourtant, il est si fin lorsqu’il ne voit pas d’animaux, il est affectueux, il obéit et il est calme. Je suis totalement désespérée et je sais que je vais en avoir pour quelques années encore et je ne vois pas comment je vais réussir à élever des jeunes enfants avec ce chien… Est-ce que vous pouvez m’aider?

Votre épagneul semble avoir des réactions effectivement assez intenses. Il faudrait revoir, avec un vétérinaire comportementaliste, la médication que vous avez essayée et la posologie afin de vous assurer que c’étaient de bons choix. Il existe une bonne quantité de médicaments psychotropes, et chacun a ses champs d’action que les autres ne couvrent pas nécessairement. Autrement, des programmes de désensibilisation progressive et de contre-conditionnement pourraient être mis en place, mais il faut que ce soit fait dans les règles de l’art et que cela ne ressemble pas à de l’immersion pure et simple. Nous devons faire en sorte que l’intensité du déclencheur soit toujours en deçà du seuil de tolérance de l’animal afin de pouvoir renforcer une meilleure réaction de sa part. Ne jamais tenter de contrôler (inutilement) sa trop grande réactivité, ce qui aurait pour effet de créer de la frustration et d’induire une forme d’anticipation amenant le chien à réagir encore plus vite et encore plus fort. Il existe aussi d’autres protocoles d’ajustement comportemental pour les chiens réactifs tels que le Constructional Agression Treatment du Dr Jesus Rosales-Ruiz et le Behavior Adjustment Training de Grisha Stewart. Je vous recommande de faire réévaluer votre chien et d’explorer ces avenues.

Question de Josée Delorme, de Granby
Bonjour, Félicitation pour votre émission. J’ai un doberman de 7 mois et j’ai beaucoup de difficulté à l’arrêter de mordre. Chaque fois qu’on veut jouer avec lui et ses jouets, il laisse les jouets et commence à nous mordre ou il fait comme s’il continuait de mordre dans son jouet et nous mord en même temps, ça devient désagréable et on arrête de jouer. Quand on veut lui dire non, il se choque et nous regarde droit dans les yeux et jappe continuellement. Il ne veut jamais écouter ce qu’on lui dit de faire et continu ses mauvais coups, comme monter sur la table de salle à manger, monter ses deux pattes de devant sur le comptoir et voler la nourriture qui s’y trouve ou les linges de vaisselle. Quand on doit partir pour travailler c’est la crise; il hurle, mord, cours à travers la maison en fonçant dans tout ce qui se trouve sur son passage… Ouf. Donc, pour le protéger pour ne pas qu’il se blesse on le met dans une cage… Et ça ne fait pas l’affaire. Avez-vous des conseils à nous donner car le renforcement positif n’a pas d’effet sur lui. Merci à l’avance

Vous trouverez plusieurs éléments de réponse à votre question à travers toutes celles que j’ai données ici. Si j’ai retenu votre question, c’est à cause de votre affirmation : « Le renforcement positif n’a pas d’effet sur lui. »

En 17 ans de carrière, je n’ai jamais rencontré un seul animal avec lequel le renforcement positif ne fonctionnait pas. Incluant l’humain! Je dis souvent : « Tout ce qui a un estomac s’entraîne. » Mais évidemment, il faut que l’animal ait envie de mon renforçateur; dans le cas de la nourriture, il faut qu’il ait faim. Entraînez-le donc avant son repas. S’il aime ses jouets, entraînez-le avec des jouets, ou s’il adore jouer, entraînez-le avec des jeux comme renforçateurs. Car même un comportement peut faire office de renforçateur. Si mon chien tire pour aller sentir la borne-fontaine, c’est lorsqu’il ne tire pas qu’il y aura accès. S’il jappe pour jouer, c’est lorsqu’il ne jappe pas que je jouerai. Mais alors là, il ne faut pas que je renforce ses aboiements avec des « non », « tais-toi », « arrête », etc. Tous ces mots sont de l’attention qu’il obtient, donc des renforcements sur ses aboiements…

Sujet : un chien qui mordille les pieds
Question de Guylaine Chayer, de Alma
Mon chien court continuellement après nos pieds et nous les mordille. Lorsqu’on essaie d’arrêter un comportement indésirable, il nous saute sur les mains ou les cuisses et essaie de les mordre. Que faire?

Utilisez son repas pour l’exercice suivant : marchez avec lui et « échappez » des grains de moulée à environ un mètre de vous, toujours du même côté. Ne le laissez jamais s’approcher de vos pieds. « Échappez » toujours votre moulée avant qu’il ne vous morde, jamais après. Le chien apprendra que se tenir à un mètre de vous en marchant est payant. Et de cette façon, vous n’aurez plus à essayer de l’arrêter de vous mordre.

Sujet : parc à chiens
Question de Jocelyne Lemieux de Sherbrooke
Concernant le super éducateur Jean Lessard que j’aime beaucoup, j’aimerais qu’il nous donne des conseils sur les bons comportements d’un chien dans un parc à chiens et des trucs pour aider les maîtres qui ont des problèmes avec leurs toutous (j’ai trois chiens).
- un chien qui court après les autres chiens de façon continue comme c’est le cas de mon caniche royal.
- Ou de l’arrivée dans le parc, d’un chien qui semble agressif!
- Est-ce bien de garder son chien en laisse dans un parc à chien pour le familiariser?
- Les aboiements de mon caniche quand arrive un autre chien dans le parc; puis-je corriger ce mauvais comportement aussi?
Une auditrice fidèle

Quatre réponses à vos quatre questions :

Où est le problème? S’il court ainsi et que les autres s’enfuient, c’est probablement que tous s’amusent. Sinon, il se le fera dire éventuellement par un chien qui n’aime pas ce manège… (Vous pouvez aussi lui enseigner un rappel infaillible auquel il répondra même lorsqu’il court, avec une gâterie hors du commun, extraordinaire.)

Le chien semble agressif. L’est-il vraiment? Il arrive souvent que des chiens aient l’air agressifs, mais pas la chanson. Plus souvent qu’on ne le pense. Alors, on ne fait rien avec cet « air agressif »… (Mais s’il y a agression, tout ce qui nous reste à faire, c’est de séparer les chiens. Avec un son très fort, comme celui d’une flûte à air comprimé ou encore un jet d’eau de boyau d’arrosage.)

Garder le chien en laisse dans un parc à chien est dangereux. Cela risque de provoquer des agressions. Si ce chien est inquiet, s’il a peur des autres chiens et qu’il ne peut pas fuir parce qu’il est en laisse, il agressera (comme le lui commandent ses mécanismes de défense innés). En passant : tenir un petit dans nos bras dans un parc à chiens est la meilleure façon de se faire sauter dessus par les autres chiens. Tout comme y manger un sandwich, d’ailleurs…

Les aboiements : s’il est une place où un chien devrait avoir le droit d’aboyer, c’est bien dans un parc à chiens! Enfin… Lisez mes réponses dans la section aboiements si jamais le silence est nécessaire au parc à chiens!

Vous retrouvez ce contenu sur le site Animo de Radio-Canada

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Un chien reconnaissant…

Hier, je publiais sur ma page Facebook ce courriel que j’ai reçu de la part… d’un chien ! Simplement parce que je trouvais ça rigolo:

Bonjour M.Lessard,
Je m’appelle Balou. J’ai pris possession de l’ordinateur pendant que maîtresse Chantal est occupée. Alors voilà, selon mes maîtres, j’ai certains comportements à améliorer mais aussi j’ai entendu dire qu’ils veulent savoir comment bien me préparer à l’arrivée d’un bébé qui va naître d’ici 2-3 semaines environ et ils ont dit: « on va contacter M.Lessard »…

Je ne sais pas si cela deviendra une manie, mais voyez maintenant ce message reçu d’un autre chien ce matin suite à une consultation ayant eu lieu hier soir:

Bonjour Monsieur,
Madame a bien reçu les fichiers et ils sont très lisibles. Merci. Et merci pour notre rencontre d’hier soir. Nous avons tous quatre bien apprécié votre démarche, surtout moi, c’est l’fun avoir des cadeaux.
Mes propriétaires ont acheté le harnais que vous leur avez suggéré (aucun problème à me l’installer). Après les petits exercices dans la maison et dans la cour (sans laisse), nous sommes parties, madame et moi, le coeur joyeux faire notre promenade en laisse. J’ai voulu partir en peur mais oups! Madame m’a retenue et fait assoir. J’ai eu un cadeau. Je suis reparti au trot, question de tester le matériel et à nouveau, oups! Madame me ramène doucement et dit « Assis ». Encore un cadeau, Wow! C’est quoi qui se passe, ça m’étrangle pas puis quand j’obéis, Madame me donne des cadeaux! Nous avons rencontré 3 chiens, 2 en laisse et 1 sur son balcon du 3e étage. À la première rencontre, étant assez éloignée de la jeune dame et de son chien, Madame m’a changé les idées  »au pied », récompense, « bonne fille », trois fois. Nous avons suivi à bonne distance la dame et son chien. Au début, je tirais vers le chien. Madame a refait la même chose. Comme elle est calme Madame ce matin, on dirait qu’elle n’a pas mal au dos.
2e rencontre de chien.
L’autre pitou et sa maîtresse viennent vers nous. Je tire, je m’énerve. On tourne, récompense, on revient, récompense. 2 fois. Je me calme et on repart. La dame et son toutou montent un escalier. Je marche un ti’peu croche pour surveiller le suspect. « Au pied Cannelle », dit Madame en me donnant des cadeaux. Ça doit pas être dangereux que je me dis. On continue.
3e chien.
Du haut de son balcon, un wouap-wouap se fait entendre. Je m’énerve et cherche le wouap-wouap. On tourne, récompense, on revient, récompense.  »Coudonc! Ça pas l’air grave », on continue.
Je suis revenue e-x-t-é-n-u-é-e. Madame m’a beaucoup flattée, j’ai eu de l’eau et d’autres cadeaux.

Cannelle

P.S.: Mes proprios m’ont dit qu’on allait travailler fort, fort. Si c’est comme dans « Blanche Neige et les sept nains », je suis tout à fait d’accord. J’oubliais, hier soir Madame m’a donné des jouets dans la maison. Avant dans mon autre famille, j’avais pas le droit d’avoir des jouets dans la maison. Alors l’éleveur avait dit pas de jouets dans la maison. Madame était triste et me donnait des jouets seulement dehors. Ce que je ne savais pas, c’est que Madame avait gardé tous les jouets de maison de son ancien chien.

 

Évidemment, j’ai été séduit et ravi de voir que les exercices fonctionnent bien, mais surtout de constater que Cannelle semble avoir du plaisir à collaborer et aussi qu’elle a maintenant droit à des jouets à l’intérieur !

Merci Cannelle pour ce témoignage qui nourrit ma passion. C’est la principale raison qui me fait tant aimer mon travail.

 

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Quand nos réflexes sont dominés par de fausses vérités…

Quand on m’appelle pour régler un problème de comportement chez un chien, ce qu’on me demande en fait, c’est ceci, dans 80% des cas: « aidez-moi, car je n’arrive pas à le punir comme il faut. »

Cette demande révèle une réalité très répandue: le fait que nous ne sommes pas très outillés comme pédagogue. Nous manquons de ressources pour arriver à bien éduquer nos chiens. Parce que ce que nous connaissons nous vient de fausses vérités, comme le fait qu’il faille dominer un chien pour qu’il nous respecte ou qu’il écoute. Pourtant, il y a une quantité incroyable de professionnels plus que crédibles qui tentent de remettre les pendules à l’heure.

Nous étudions les chiens domestiques depuis quelques années seulement. Avant, on se fiait sur ce qu’on savait sur les loups. Mais les choses ont tellement changées ! Avec ces laboratoires de recherches aux États-Unis, en Allemagne et en Hongrie, nos connaissances du chien domestique tel qu’il est aujourd’hui ont tellement évoluées…

Je souhaite ardemment que vous lisez l’anglais. Parce que je vous renvoie à cet excellent article qui fait le tour de la question de façon très convaincante et qui, en plus, nous met en référence une quantité étonnantes de ressources à consulter.

Prenez-en connaissance, diffusez le message, faites-le lire à d’autres. Parce que ces clarifications sur la nature du chien domestique, son langage, ses besoins et ses processus d’apprentissage, tous ces points sur les i et ces barres sur les t pourraient tellement être bénéfiques aux chiens. Et à nous-mêmes ! Il est soulageant de comprendre que nous n’avons pas à être en confrontation afin de déterminer qui est le plus fort pour pouvoir nous apprécier l’un l’autre.

Bonne lecture !

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Des gâteries, encore des gâteries…

Suite aux trois premières diffusions de l’émission Animo, j’ai reçu de nombreux témoignages de gens heureux de voir qu’enfin un type d’entraînement différent est proposé à la télévision.

(On oublie que j’ai été présent à l’Émission Pas si bête que ça, sur les ondes de feue TQS pendant cinq ans. J’y ai parlé beaucoup de renforcements et toutes mes démonstrations avec chiens se faisaient avec de la nourriture. Aussi, les entraîneurs Jacinthe Bouchard et Mathieu Lavallée ont et font toujours la promotion de méthodes positives à la télé.)

En contrepartie, quelques personnes se demandent si l’utilisation des gâteries en entraînement des chiens est vraiment efficace, voire même si ce ne serait pas néfaste.

D’abord, il faut savoir que l’utilisation de nourriture en entraînement ne rend pas un chien dépendant de celle-ci et il est faut de croire que le chien ne vous écoutera pas si vous n’avez pas de nourriture dans la main. Ce sont là des idées préconçues. Peut-être que les termes «gâterie» ou «bonbon» portent à confusion. En fait, il s’agît simplement de nourriture. L’animal «sait» que la nourriture est essentielle à sa survie. C’est pourquoi elle est appelée, en termes de conditionnement, renforçateur primaire.

Bien utilisée, la nourriture a fait ses preuves en entraînement. Pavlov et Skinner l’ont amplement démontré dans leurs recherches. Ce sont eux qui ont élaboré les lois du conditionnement. Je n’ai rien inventé !

Pensons à tous ces animaux dans les zoos et les aquariums qui acceptent de recevoir des soins vétérinaires, souvent désagréables, simplement parce qu’ils ont été entraînés à les recevoir sans réagir en échange d’un bout de banane ou d’un poisson… J’ai vu des requins « Zebras » accepter docilement des injections. Avant leur entraînement, ces requins devaient être maintenus de force dans des grilles à poisson comme celles pour le bbq. L’entraîneur de ces bestioles pas très faciles d’approche a gagné un prix à la ABMA (Animal Behavior Management Alliance)…
Pensons aussi à ce fameux babouin, Loon, diabétique. Comme son diabète n’était pas héréditaire et que le babouin est une espèce en voie d’extinction, il était important qu’il soit traité et qu’il puisse se reproduire. Sauf qu’il voulait tuer les vétérinaires chaque matin qu’ils approchaient avec les seringues d’insuline. Ceux-ci devaient le placer en contention très restreignante tous les jours et souvent l’anesthésier… Loon a développé beaucoup d’agressivité et s’est mis à produire des comportement chaotiques difficiles à comprendre et des stéréotypies. Gary Priest, du zoo de San Diego, a été appelé avec son clicker et des bananes. Loon offre maintenant volontairement son bras et sa fesse aux vétérinaires.

Partout sur la planète, aujourd’hui, on entraîne ainsi des loups, des hyènes, des dauphins, bien sûr, et des «killer whales».

J’ai moi-même entraîné des poules, des phoques, des chevreuils, des pumas et des lynx… Avec des gâteries! Et on pense que ce ne serait pas profitable avec nos petits chiens-chiens ???

Cette réaction négative aux méthodes d’entraînement basées sur les renforcements est difficile à saisir. J’imagine que ceux qui se disent contres n’en connaissent pas bien les règles d’application ni les effets bénéfiques sur l’animal et surtout sur notre relation à lui.

Si vous êtes parmi les sceptiques, je vous recommande fortement d’essayer. Il suffit d’appliquer quelques règles de base afin de bien réussir:

-utilisez la gâterie comme un leurre (ou un appât) uniquement quelques fois au début de l’entraînement (Dr Ian Dunbar recommande pas plus de six fois);
-refaites les mêmes exercices sans gâterie dans les mains et offrez-en une seulement après le comportement;
-commencez à couper progressivement dans l’utilisation des gâteries.

Les comportements appréciés et renforcés de la sorte deviennent ainsi conditionnés. C’est-à-dire que l’animal les produira automatiquement devant le stimulus associé dans un contexte approprié.

Évidemment, si le contexte, l’environnement, présente quelque chose de trop distrayant ou suscite des émotions telle la crainte, il se peut fort bien que l’animal ne produise pas le comportement souhaité. C’est normal; nous ferions de même. Il suffira d’amener l’animal à généraliser ses conditionnements dans plusieurs environnements différents présentant différentes distractions et stimulant différentes émotions, ceci de manière progressive.

Le chien obéira alors… Mais attention: pas à vous ! Il obéira aux stimuli présentés (le geste ou le mot) par simple conditionnement. Comprendre cela nous mènera sur la bonne voie. Vous obtiendrez un chien heureux de collaborer et votre relation s’en ressentira; vous aurez du plaisir tous les deux. Et si le chien désobéit, c’est la même chose: ce n’est pas à vous qu’il désobéit; il ne cherche pas à vous narguer.

Mais c’est là une autre histoire: dès que je pense que le chien me tient tête, je veux lui montrer que c’est moi qui aurai le dessus. Le conflit s’installe et plein d’émotions confuses entre en jeu. Dans l’entraînement basé sur les renforcements, il ne se glisse pas d’émotions désagréables ni l’envie d’éviter ou de fuir…

p.s.: J’ai nommé Pavlov et Skinner et Ian Dunbar. Voici d’autres noms de professionnels inspirants au plus haut points avec lesquels j’ai travaillé ou que j’ai rencontrés lors de colloques ou pour suivre leurs ateliers:

Joël Dehasse, vétérinaire-comportementaliste (mon principal prof et mentor depuis plusieurs années)
Simon Gadbois, éthologue et réviseur de certains écrits que j’ai en chantier
Raymond Coppinger, biologiste américain, il a changé nos façons de voir le chien
Certainement les trois plus grands entraîneurs au monde:
Ken McKort,
Bob Bailey
et Terry Ryan
Ian Dunbar enseigne l’utilisation des renforcements depuis des années
Karen Pryor a popularisé l’utilisation du clicker
Jean Donaldson a démystifié l’éducation canine et expliqué le chien comme peu ont su le faire
Turid Rugaas a répertorié les signaux d’apaisement et expliqué leur utilité
Alexandra Horowitz nous fait part des résultats de ses recherches fascinantes sur comment « pense » le chien
Victoria Stilwell anime It’s Me Or The Dog, sur la chaîne Animal Planet
Et je réfère souvent les écrits et vidéos de Dr Sophia Yin
Je suis membre de : IPDTA (International Profesional Dog Trainer Association)
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Cours: Obéissance à la Zen

La prochaine session de 6 leçons de Obéissance à la Zen débute le mercredi 14 septmebre à 19 h 00 (300$ pour les 6 leçons). Regardez sous l’onglet « Cours de groupe ».

Merci !

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L’émission Animo à Radio Canada

Animo est un rendez-vous hebdomadaire dynamique aux allures de docuréalité.
La particularité de l’émission est son approche clinique sur le terrain. Nous vivrons, avec le Dr Sébastien Kfoury, le quotidien de l’hôpital vétérinaire en suivant de véritables cas. Nous lèverons le voile sur les problèmes animaliers en assistant au diagnostic, à l’intervention et à la réadaptation.
De plus, lors de l’émission, le Dr Kfoury rendra visite à des éleveurs canins et félins dans le but d’orienter la population vers le bon choix.
En terminant, nous ferons appel à Jean Lessard, comportementaliste animalier, pour faciliter la vie de certains propriétaires aux prises avec des animaux au tempérament complexe. Le leitmotiv de M. Lessard étant «Tout ce qui a un estomac s’entraîne», on devine que ce dernier ne travaille pas avec la domination-soumission. «On peut entrainer un chien sans se prendre pour un mâle alpha», dit-il.

En onde dès le dimanche, 29 mai, à 19 h 30.

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Enseigner ou exiger ?

Il n’y a pas si longtemps, il n’y avait, semble-t-il, qu’une seule façon de faire obéir un chien; il suffisait d’être «ferme», «autoritaire» et d’utiliser des outils punitifs comme le collier étrangleur (choker), ou même un journal roulé pour frapper le chien.

L’utilisation de la punition à outrance ou de la force physique en éducation, hormis le fait qu’il s’agisse d’abus de pouvoir, correspond à une approche coercitive: autrement dit, c’est utiliser la contrainte pour parvenir à ses fins. Un animal ainsi « dressé » ne tardera pas à manifester les séquelles qui vont de pair avec ces méthodes: il pourra souffrir de nervosité, de peurs; devenir désobéissant, même agressif. Heureusement, nous nous sommes rendu compte que ces techniques avaient des effets souvent négatifs qui pouvaient même être néfastes à long terme et les méthodes d’éducation des chiens ont évoluées.

Alors, qu’est-ce qui s’offre à nous maintenant, qu’avons-nous donc compris?

Il est si facile et même valorisant d’enseigner quelques trucs à son chien pour le simple plaisir. Je dis bien «enseigner». Je ne parle pas «d’exiger». Voilà une distinction que nous devons saisir à tous prix si nous voulons établir une meilleure relation avec notre « plus fidèle ami ».

Éduquer un chien, ce n’est pas tenter de contrôler la volonté rebelle d’un animal sauvage! C’est simplement veiller à améliorer son comportement en société… Ainsi, au lieu de toujours chercher à contraindre l’animal dans ses élans, comme le veut toute coercition, mieux vaut tirer parti de ses aptitudes et les canaliser pour le bénéfice du chien, du propriétaire et de leur entourage.

Des techniques appropriées nous aideront donc à éduquer notre chien afin qu’il devienne un bon compagnon : autonome sans être désobéissant; ni dépendant, ni indépendant, etc. Des méthodes faisant appel aux renforcements contribuent à prévenir les problèmes de comportement. La technique du clicker en est un bon exemple. Jumelée à cela, notre attitude est primordiale pour l’établissement d’une relation satisfaisante. Le chien est un animal hyper sensoriel qui capte facilement nos émotions, même les plus subtiles. Nos impatiences fréquentes, notre nervosité ou même un amour mal canalisé comme surprotéger notre chien donneront naissance à toute une panoplie de problèmes.

À l’opposé, une attitude positive, empreinte de compréhension, de cohérence et de clarté, donneront à coup sûr de bons résultats: un chien sain et équilibré qui aime collaborer. Il se développera ainsi entre l’animal et l’humain un lien d’une qualité exemplaire, bénéfique et enrichissant pour les deux partenaires.

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Que faire avec un chien qui aboie ?

La grenouille coasse, la belette belotte, la chèvre béguète, bêle ou chevrotte, la cigale chante, craquète, ou stridule, le chat feule, miaule ou ronronne.

Le chiot glapit, jappe. Le loup grogne, hurle.

Le chien ? Il aboie, babille, braille, clabaude, clattit, grogne, gronde, hurle, jappe, nasille ou nasillonne !

Et en langage populaire, on ajoute qu’il chiâle, pleurniche, cile, couine, crie…

Le chien serait un des animaux qui produit le plus de sons différents. Pas étonnant qu’on l’entende s’exprimer autant. D’autre part, on dit que le chien sauvage, lui, n’aboie pas :

« Aboiement ou aboîment : chacal, chien : n’existe pas chez les chiens sauvages » (Wikipedia…)

Mais pourquoi le chien domestique s’exprime-t-il différemment de son cousin sauvage… Est-ce justement parce qu’il est « domestiqué », c’est-à-dire adapté à une forme de vie « non-sauvage? »

Nous savons que plusieurs races ont été sélectionnées justement pour cette capacité à communiquer vocalement. Ne pensons qu’aux chiens reproduits pour la garde, par exemple. Ils sont voulus aboyeurs. Certains chiens de chasse doivent alerter à distance. Il arrive aussi que des chiens de berger contrôlent des troupeaux à l’aide d’aboiements. Vous rendez-vous compte de la quantité de races de chiens qui proviennent de ces seuls trois groupes : chiens de garde (ou de travail), de chasse et de berger… Ça fait beaucoup d’aboyeurs…

Alors. Le chien aboie. Parfois beaucoup. Sans raison, diront certains propriétaires… Et ce comportement intempestif peut les mener à vouloir se défaire de leur chien. Plusieurs bêtes se retrouvent à l’abandon dans les refuges et fourrières suite à leurs aboiements incessants que le propriétaire n’arrivait pas à corriger.

Voyons voir s’il n’est pas possible de mieux comprendre ces aboiements.

Le chien domestique, familier, « peut aboyer pour jouer, saluer, avertir, établir un contact ou obtenir de l’attention »[1]. Nous avons vu plus haut qu’il peut aussi grogner, gronder, hurler et exprimer une grande quantité de sons. Je m’attarderai plutôt ici aux aboiements comme tel. Donc, cinq catégories d’aboiements. Essayez de trouver dans quelle catégorie se situent les aboiements de votre chien. Vous verrez qu’il n’aboie pas sans raison.

Comment se fait-il qu’un chien aboyeur devienne une nuisance?

Se pourrait-il que nous ayons laissé faire le chiot parce qu’à ce moment ce n’était pas vraiment dérangeant ? Se pourrait-il que certains de ces aboiements aient été renforcés par mégarde, soit par le propriétaire lui-même ou par une conséquence qu’ils entraînaient ? Par exemple, les sonnettes de porte qui déclenchent les aboiements du chien sont toujours suivies par de la visite… Ou le chien aboyait pour ne pas qu’elle entre (avertissement) ou il le faisait parce qu’il était content (salutation). Dans les deux cas, il y aura un renforcement occasionnel; parfois l’intrus n’entre pas (si personne ne lui ouvre), parfois, il entre. Nous savons qu’un comportement n’a pas besoin d’être renforcé systématiquement chaque fois qu’il se manifeste pour qu’il se répète. C’est là, d’ailleurs, un aspect de la puissance des renforcements. Et un comportement appris de la sorte peut s’intensifier très rapidement. Les changements dans l’environnement immédiat peuvent aussi provoquer des aboiements; un nouveau chien dans le voisinage, des rénovations à la maison, etc. Tout autant que les changements complets d’environnement; déménager dans un lieu plus bruyant ou plus insécurisant, etc.

Il arrive aussi que les aboiements apparaissent en même temps que certaines peurs; le chien commence alors à aboyer afin de maintenir à distance l’objet de sa peur (avertir).

Si nous arrivons à bien comprendre les aboiements et les raisons qui poussent notre chien à aboyer, nous devrions être en mesure de pouvoir agir… La formule classique de conditionnement (Stimulus – Réponse comportementale – Conséquence) contient à elle seule tous les outils nécessaires à notre travail. C’est simple. Pouvez-vous agir au niveau du stimulus, celui qui provoque les aboiements, ou si vous pouvez le faire au niveau des conséquences, ceux qui les renforcent ? Là est la question. Là est la solution. On peut aussi agir sur les deux. Un exemple facile : si je fais disparaître le stimulus, la question est réglée ! Pas de sonnettes, pas d’aboiements. Si je fais disparaître la conséquence renforçante, je fais disparaître aussi le comportement, c’est la loi de l’extinction. La sonnette stimule l’aboiement, mais l’aboiement n’entraîne aucune conséquence; personne n’arrive plus jamais. Rien ne sert d’aboyer à cause d’une sonnette qui n’amène plus personne ! Ce sont là des exemples afin de voir où il nous est possible d’agir.

D’abord déterminer la catégorie. Ensuite les déclencheurs et les conséquences. Finalement opter pour l’intervention appropriée. Tout ça avec calme et pédagogie. Il ne sert à rien de crier NON !

Maintenant, il se peut que le chien tente de remplacer cette activité par une autre… Il faut savoir que dès que nous tentons de diminuer un type d’activité, nous devrions en augmenter un autre… Mais ça, c’est une autre histoire.

[1] Soraya V. Juarbe-Díaz, Assessment And Treatment Of Excessive Barking In The Domestic Dog. Progress In Companion Animal Behavior, Vetarinary Clinics, 27 :3, 1997.

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Un juge recommande la socialisation…

Remplacez le mot enfant, dans cet extrait d’article, par le mot chien.
Intéressant, non ?
Agence QMI (sur TVA Nouvelles)

Un juge du Québec a récemment ordonné à une famille d’envoyer leurs deux plus jeunes enfants dans un centre de la petite enfance pour les socialiser.

Le père et la mère s’occupaient eux-mêmes de leurs quatre enfants âgés de trois, cinq, sept et neuf ans et ils faisaient l’école à la maison aux deux plus vieux enfants.

Un premier jugement rendu en 2010 a forcé les parents à envoyer leurs enfants de sept et neuf ans dans une école publique.

La décision judiciaire obligeant les parents à envoyer les plus jeunes enfants dans un centre la petite enfance a été rendue en mars 2011 et elle est actuellement contestée devant la Cour d’appel du Québec.

Tout en indiquant qu’elle était préoccupée par les retards d’apprentissage chez un des enfants qui a des problèmes d’audition, la juge Nicole Bernier a indiqué dans son jugement que les enfants avaient besoin de «socialisation» en dehors de la famille.

Au sujet des parents, la juge déclare ceci : «Ils se sont isolés avec leurs enfants avec une conception très limitée de ce qui constitue l’éducation d’un enfant, voulant les protéger d’un environnement extérieur qu’ils perçoivent comme mauvais. Ils ont privé leurs enfants d’une bonne éducation.»

;-)

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